20 juin 2009
C’est après la guerre, le 14 mai 1949, que Nourhan Fringhian crée le Musée arménien de France. Avec l’aide de quelques amis arméniens érudits et collectionneurs comme lui, ils réunissent leurs collections et constituent un fonds remarquable et unique en France consacré à la culture et aux traditions arméniennes : des céramiques, des objets ecclésiastiques, des amulettes, des bibles traduites et d’autres ouvrages liturgiques, des tableaux etc.
Puisque le musée physique est fermé depuis de nombreuses années, malgré une réouverture de deux mois au cours de l’année de l’Arménie, et qu’il ne pourra jamais être accessible partout dans le monde, il faut saluer la naissance du site du musée arménien de France (MAF). L’histoire de ce musée se poursuit donc sous l’impulsion de Frédéric Fringhian, fils du créateur, et de toute une équipe motivée.
Ce musée virtuel est une belle réalisation au niveau de son contenu iconographique, photographique et documentaire. C’est aussi une belle réussite technique : un site RIA en flex.
Pour toutes ces bonnes raisons, je vous invite à visiter ce beau musée virtuel et à lui apporter votre soutien.
8 juin 2009
A la demande de l’Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (ACAM), j’ai partagé mercredi 3 juin au cours d’une conférence ma conviction qu’il n’est plus possible de communiquer en arménien, notamment sur Internet, par mail, dans les blogs, les sites etc. sans adopter définitivement l’unicode. J’ai déjà écrit plusieurs billets sur ce thème.
Ce mercredi 3 juin 2009, à 20h30 précises, sur la péniche Anako ancrée dans le bassin de la Villette, en face du 61 quai de La Seine (Paris 18e), nous nous sommes retrouvés nombreux. Les intervenants étaient Philippe Pilibossian, Gabriel Kepeklian et Haroutioun Khatchadourian.
4 juin 2009
Je sors du métro, comme tous les matins. Plusieurs distributeurs de journaux gratuits m’assaillent, comme tous les matins. Je ramasse un catalogue de matériel informatique et commence sa lecture. Sur chaque page, des ordinateurs portables, des téléphones, des imprimantes etc. Je lis un peu plus en détail et je me rends compte que nulle part le catalogue ne me donne des informations essentielles comme la puissance consommée, l’emprunte écologique, le caractère recyclable ou non des équipements, le pourcentage de ce recyclage …
Il y a quelques mois, lorsque j’ai acheté ma voiture, le premier critère, et de loin, était sa consommation puis venait des critères esthétiques. Pour mon frigo, j’ai fait de même. Bref, j’ai intégré l’écologie dans mes critères de choix, de valeurs.
Nous savons aujourd’hui que l’informatique au niveau planétaire pollue plus que toute l’aviation réunie et les vendeurs n’ont pas encore intégrés cette donnée ! Est-ce que ça ne vous choque pas vous non plus ?
30 mai 2009
De quoi s’agit-il ?
Les utilisateurs de Windows ont à leur disposition un outil Unicode très simple. Il n’est pas adapté à la saisie d’un long texte mais est particulièrement utile pour tous ceux qui ont à saisir des caractères Unicode non accessibles à l’aide du clavier standard. Ce programme étant méconnu pour ses possibilités Unicode, il mérite ce billet d’explication et vous verrez que vous l’adopterez dans votre trousse à outils.
Où trouver ce logiciel ?
Ce logiciel est livré avec Windows pour toutes les versions de Windows 98, 2000, XP et Vista. Il est donc situé dans un des répertoires d’installation du système d’exploitation de Microsoft. Si jamais vous n’aviez pas ce logiciel dans votre ordinateur, il est possible de le télécharger depuis le site de Microsoft.
Comment lancer ce programme ?
Il y a au moins trois méthodes simples. Choisissez.
- Cliquez sur Démarrer, Programmes, Accessoires, Outils système, Table des Caractères
- Appuyez sur les touches “Fenêtre” + “R”, écrivez “charmap”, cliquez sur OK
- Si cet outil vous est très utile, créez un raccourcis sur charmap et utilisez ensuite ce raccourcis
Comment utilisez Charmap ?
Après avoir lancé Charmap, la fenêtre qui apparaît est dans un mode d’affichage simple. En cochant la case “Affichage avancé” en bas, vous obtenez ceci :

Choisissez la police de caractères que vous voulez utiliser. Pour les caractères arméniens, je vous recommande “sylfaen”.
Maintenant voyons comment retrouver un caractère précis.
- La première solution consiste à parcourir la page et à repérer le caractère. Mais c’est fastidieux et long.
- Vous pouvez aussi saisir le nom de la lettre dans la zone de recherche (en bas) et cliquer sur “recherche”.
- Vous pouvez encore choisir “Rangée Unicode” dans la zone “Grouper par” (en bas). A ce moment là, une petite fenêtre s’ouvre sur le côté dans laquelle vous allez trouvez le nom des rangées Unicode disponibles dans la police choisie.

Si vous sélectionnez un alphabet, par exemple l’arménien, la fenêtre principale change et se spécialise pour ne présenter que les caractères de l’alphabet choisi.

Maintenant, il ne vous reste plus qu’à sélectionner le ou les caractères de votre choix puis à les copier pour les coller dans votre application, par exemple votre traitement de textes ou votre tableur.
Charmap réserve encore d’autres fonctionnalités que vous découvrirez par vous-même, j’en suis sûr !
Pour aller plus loin … mais je ne le recommande pas
Il existe aussi un outil très “confidentiel” et donc bien caché : l’éditeur de caractère privé. Ce logiciel s’appelle : “eudcedit”. Pour y accéder, restez dans la même logique que pour Charmap : Démarrer/Exécuter ou “Fenêtre”+R. Il vous servira à créer vos propres caractères Unicode qui seront enregistrés dans un fichier se terminant par l’extension “.TTE”.
Vous pourrez ensuite utiliser ces nouveaux caractères en choisissant la police que vous aurez ainsi créée. Si vous voulez que vos correspondants vous lisent, il faudra leur donner votre fichier “.TTE”.
Mon conseil : l’utilisation de cette possibilité devrait rester totalement personnelle, limitée à vos besoins propres. Il n’y a en effet aucune pérennité à attendre de caractères créés par vous …
26 avril 2009
Pour cette sixième page, passons maintenant à la troisième lettre : la lettre kim de l’alphabet mesropien, Գ.
a) 
Cette lettre apparait deux fois dans le nom de l’Illuminateur de l’Arménie. Nous la trouvons à l’initiale et au milieu du nom de Krikor (ou Grigor). Voici une première inscription où on peut lire ԵՍԳՐԻԳՈՐ, c’est à dire Ես Գրիգոր qui signifie “Moi, Grégoire”
b) 
Dans cette autre inscription, on lit simplement le prénom Krikor, ԳՐԻԳՈՐ.
c) 
J’ai déjà parlé de cette inscription qui figure aux pieds de l’ange Gabriel sur le tympan de l’église de Noravank. On distingue parfaitement le kim à l’initiale : Գ(Ա)ԲՐԻԷԼ.
Je n’ai pas trouvé, pour l’instant, d’exemple d’un kim pris dans une ligature avec ou sans badiv. En avez-vous déjà rencontré ?
24 avril 2009
Voici un site qui vient compléter les informations que je donnais dans deux articles (1, 2) sur des très bons dictionnaires disponibles en ligne.
Il s’agit d’un projet italien : DLM. Ce Dictionnaire multilingue du Lexique Métalinguistique est le résultat du travail scientifique effectué par de nombreux chercheurs dans les trois importants projets de recherche conduits en Italie.
- Thesaurus e dizionario critico del metalinguaggio della linguistica dall’Antichità all’epoca contemporanea - 1995
- Per un dizionario generale plurilingue del lessico metalinguistico - 1999
- Lessici specialistici e metalinguaggi: applicazioni in rete - 2003
Le site n’est pas encore complètement terminé. Notamment, pour ceux que l’italien rebute, une traduction anglaise est en cours (Traduzione in corso!!!).
NB : Je viens de trouver la page que le wiki Agreg-ink consacre à son Glossaire terminologique de Grammaire Linguistique (il s’agit d’un site destiné aux professeurs d’anglais et aux futurs professeurs d’anglais).
20 avril 2009
Après avoir considéré la lettre pen Բ seule, je vous propose des compositions. Commençons avec S(OUR)P Ս(ՈՒՐ)Բ, ce qui signifie saint. Seules lettres initiale et finale sont gravées.
a)
b)
c)
d)
e) 
On remarque que le badiv est présent en b, c, d et e où il couvre les deux lettres. Les quatre badivs ont des formes différentes. Les trois premiers sont tildés, b simplement avec des courbes, c avec une inflexion centrale très appuyée et d avec un point central qui a la forme d’une tête de clou. Le quatrième et dernier badiv est droit. En b, c et d les deux lettres sont, par économie ou par coquetterie, réunies pour former un système graphique complexe.
f)
g) 
Dans la même inscription, on trouve ici le nom au nominatif et au génétif. C’est l’occasion d’y observer la variation introduite par le graveur. Il semble qu’il ne veuille avoir que deux lettres sous le badiv, à cette fin, en f, il a bien dissocié l’initiale et la finale du mot. En g, elles sont réunies et permettent l’ajout du Յ qui marque le
h) 
Cette dernière inscription figure aux pieds de l’ange Gabriel, à la droite de la Mère de Dieu assise et portant l’enfant Jésus, sur le tympan de l’église de Noravank. On y lit dont tout simplement le nom de l’ange Գ(Ա)ԲՐԻԷԼ. C’est un bel exemple d’ornementation complexe. Le graveur a réussi à inscrire 6 lettres sous le badiv, lequel n’est pas fait d’un simple trait mais d’un bel entrelacs.
19 avril 2009
Après les trois premières pages (1, 2 et 3) d’épigraphies arméniennes consacrées au aïp Ա, la première lettre de l’alphabet, je vous propose naturellement la deuxième lettre : pen Բ.
Commençons simplement par la lettre seule.
a)
b)
c)
d)
e) 
a) Sur le mur d’une l’église à Ani, vers le Xe siècle
b) Sur le mur de l’église de Dadivank (XIIIe siècle), dans le Haut-Karabach
c) Sur un khachkar daté de 1543, conservé dans les jardins d’Etchmiadzin
d) Sur le mur de l’église de Geghard, une inscription relativement récente
e) Sous le campanile, à l’entrée de l’Eglise Mère d’Etchmiadzin, une inscription relativement récente
Peu à peu le caractère se dessine plus nettement comme nous le connaissons aujourd’hui. Si vous suivez les variations de la barre médiane de la lettre, vous reconnaissez progressivement la majuscule dans sa forme actuelle.
17 avril 2009
Puisque nous sommes encore dans la semaine de Pâques, prenons la formule pascale en grabar pour la traduire précisément.
Քրիստոս յարեաւ ի մեռելոց
Օրհնեալ է Յարութիւնն Քրիստոսի
Détaillons la première ligne
Քրիստոս se lit Kristos et s’analyse ainsi : Christ, nominatif ou accusatif singulier, ici au nominatif car c’est le sujet
յարեաւ se lit hariav se s’analyse comme ceci : il s’agit du verbe harnem qui signifie se lever, se réveiller, ressusciter ; il est à la 3e pers. sg. de l’aoriste, ce temps est équivalent au passé simple ou au passé composé
ի se prononce i, c’est une préposition que l’on peut traduire de plusieurs façons, habituellement par en, dans ou de. Cette préposition commande le locatif, l’accusatif ou l’ablatif. La déclinaison s’applique au mot qui suit.
մեռելոց se lit mérélots, il s’agit du mot mérial qui se traduit par mort, il est soit un adjectif soit un subst., sa déclinaison indique le génitif, le datif ou l’ablatif pluriel, mais ici le sens est celui de l’ablatif et d’ailleurs la préposition qui précède ne laisse d’autre choix.
Et maintenant la seconde ligne
Օրհնեալ se prononce orhnial, c’est le participe du verbe orhnem, bénir
է se lit tout simplement è, c’est la 3e pers. Sg. du présent de l’indicatif actif du verbe être
Յարութիւնն se lit haroutioun’n, c’est le substantif suffixé de l’article défini (‘n), la résurrection
Քրիստոսի se lit Kristossi, c’est le génitif de Christ
Nous avons donc la traduction suivante :
Christ est ressuscité d’entre les morts
Bénie est la résurrection du Christ
6 avril 2009
Après avoir publié l’article “Où chanter de la musique arménienne ?“, je dois complété avec “Où danser des danses arméniennes ?”. Des troupes de danseur sont présentes dans les grandes villes, et comme je ne suis pas au courant de tout, je compte sur vous pour me donner des informations complémentaires. Par avance, chnorhagaloutioun !
- L’ensemble Ani, à Paris
- L’école de danse Navasart, à Issy-les-Moulineaux
- La compagnie Yeraz, à Alfortville
- La troupe de danse Arakadz, à Valence
- La troupe de danse Araxe, à Marseille
5 avril 2009
Sur le site de guideinformatique.com, tous les mois, des vidéos présentent un débat qui s’est déroulé en public dans un café ou un restaurant.
En février, le thème du “CAFÉ E-TÉRAIRE” était : “autour du web 2.0 en entreprise“. Avec Jean-Louis Lequeux (consultant en nouvelles technologies), nous avons présenté notre livre “Déployer un projet Web 2.0 en entreprise“. Nous débattions avec Jean-Pierre Corniou (DSI de Usinor et de Renault, aujourd’hui DGA de SIA Conseil) qui présentait son livre “Le web, 15 ans déjà… et après ?“. Le débat était animé par Hubert d’Erceville, le rédacteur en chef de GuideInformatique.com.
2 avril 2009
La disponibilité de la troisième version du Corpus National de l’Armenian Oriental (EANC) a été annoncée aujourd’hui.
Le Corpus national de l’arménien oriental est une base de données linguistique de textes annotés en arménien oriental standard.
L’EANC, c’est :
- un vaste corpus d’environ 110 millions de tokens
- un puissant moteur de recherche pour faire des requêtes lexicales et morphologiques complexes
- un corpus d’élève comprenant des traductions en anglais pour les tokens fréquents
- un corpus diachronique de textes portant sur les textes de la SEA depuis le milieu du 19e siècle jusqu’à nos jours
- un corpus mixte composé de ceux du discours écrit et du discours oral
- un corpus annoté avec un marquage morphologique et méta textuel
- un corpus à accès ouvert
- une bibliothèque électronique avec un plein accès à plus de 100 titres arméniens classiques
Pour en savoir plus sur l’EANC et explorer ses fonctionnalités, visitez www.eanc.net. Tous vos commentaires seront grandement appréciés.
28 mars 2009
27 mars 2009
Alors que je recherchais des informations complémentaires sur Nobert Wiener, le père de la Cybernétique, je suis tombé sur un article où il est question de Saucisse. Comme je ne comprenais pas le rapport, j’ai continué ma lecture … lisez plutôt :
“La saucisse était le premier enfant de la saucisse de Lion, un polonais (…)” un peu plus loin “En 1914, la saucisse a voyagé à l’Europe (…)” etc.
Cette page à lire et relire est le résultat d’une traduction automatique livrée à elle-même sans aucune intelligence. Le site qui la publie s’appelle pourtant encyclopediefrancaise.com. On pourrait pourtant s’imaginer que son contenu soit travaillé, surveillé … Au contraire, chacune des pages que j’ai pu y lire est désolante … Que fait la police
Quand on publie un site aussi ridicule, je ne vois pas où cela peut bien conduire.
Heureusement qu’il existe par ailleurs de vraies merveilles en matière de traduction sur Internet. Mais si vous en avez vu des traductions aussi loufoques, alors racontez-nous pour notre plaisir à tous !
23 mars 2009
Voyons aujourd’hui comment sont notées les dates. Celles-ci se présentent sous différentes formes.
a) 
Les deux premières lettres ԹՎ, surmontées d’un badiv, sont le mot թուական qui signifie “date”. Les trois lettres ՉՁԸ qui suivent sont la date. Չ vaut 700, Ձ vaut 80 et Ը vaut 8. Ce qui nous donne 788 selon le calendrier arménien, soit 788 + 561 = 1349 dans le calendrier occidental.
b) 
On reconnait bien les deux lettres ԹՎ, surmontées d’un badiv. Elles sont précédées de la date. Celle-ci est ։ՅԽԶ։ avec de part et d’autre des lettres le signe “:”. Յ vaut 300, Խ vaut 40 et Զ vaut 6. La date est donc le nombre 346 auquel il faut ajouter 551 pour obtenir 897 dans notre calendrier. Il y a deux différences avec le premier exemple a). Premièrement, le mot “date” est ici placé après le nombre ; deuxièmement, le nombre est placé entre “:”.