Author Archive

Comment le peuple compose des chansons (2), par le R.P. Komitas

Sous l’effet de l’animation, l’air se développa peu à peu, se modifia de la façon suivante :

Aux 6me, 7me et 8 me formes la mesure changea, car le mouvement de la danse s’était accéléré. Au moment où la 8me forme était chantée, un deuxième groupe entra dans la danse, au cours même du chant. Une nouvelle coryphée passa à la tête de la danse. Se font coryphées les jeunes filles ou les garçons doués d’une belle voix et connus pour leur talent de chanter ; quand un de ces coryphées s’avance, le précédent lui cède la place et se tient à sa gauche.

(Cet article fait partie de la série “L’auteur de la chanson populaire“)


Comment le peuple compose des chansons (1), par le R.P. Komitas

L’année dernière j’étais allé en villégiature au monastère de Haridj (dans le Chirak, à 28 verstes d’Alexandropol, sur l’Aragatz). C’était lors des fêtes de la Transfiguration ; des pèlerins en foule étaient arrivés. Les jeunes paysannes, les nouvelles mariées et les garçons dansent, improvisent des chansons et chantent, comme il est de coutume aux pèlerinages. J’étais déjà sur le toit dallé du bâtiment, crayon et papier à la main, et j’attendais l’arrivée des chanteuses. Cette fois, je devais y assister dès le commencement, ce qui ne m’avait pas été possible jusque là, car on commence la danse en pleine nuit et lorsque j’arrivais le matin, je n’entendais que des chansons déjà composées. J’ai vu et senti alors combien je m’étais trompé.

Tout d’abord, quatre personnes s’avancèrent et formèrent la ronde. Elles firent quelques tours, en silence, à pas symétriques, vers la droite, comme il est d’usage au début de la danse. La meilleure chanteuse du groupe se mit à chanter le refrain suivant :

« Amann Tello, Tello !
Sirounn Tello, Tello ! »

« Pitié, Tello, Tello ! Charmante Tello, Tello ! » sur l’air que voici :

Le chœur le répéta identiquement, et la coryphée chanta la première partie de la chanson et le premier vers du refrain :

le chœur le répéta ; la coryphée chanta la deuxième partie de la chanson et le deuxième vers du refrain, avec une petite addition :

(Cet article fait suite à “L’auteur de la chanson populaire“. Je publierai la suite …)


L’auteur de la chanson populaire, par le R.P. Komitas

Demandez au paysan Arménien le nom de l’endroit où telle chanson a pris naissance ; qu’il le sache ou non, il vous nomme un village. Demandez le nom de celui qui l’a composée ; il désigne le chanteur en vogue de ce village ; quand vous vous adressez à celui-ci, il donne un autre nom ou hausse les épaules. Le nom de l’auteur est connu dans les chansons qui ont pour sujet l’histoire d’un homme déchiré par une hyène, ou noyé dans la mer, ou étouffé par la bourrasque, ou assassiné, ou dont la fille a été enlevée, etc. De pareilles chansons sont composées par les goussans (les poètes-chanteurs) ordinaires, errants et incultes ; après avoir narré l’événement, ils mentionnent leur nom dans le dernier couplet. Mais lorsque avec le temps la chanson vieillit, on oublie le nom ou on le confond avec celui d’un autre chanteur, car c’est la chanson elle-même qui intéresse le paysan et non point son auteur ; l’auteur, c’est lui aujourd’hui, demain ce sera un autre. La faculté de la composition est pour lui un don naturel ; tous les paysans savent, tant bien que mal, composer et chanter des chansons. Ils apprennent l’art de la composition au sein de la nature, qui est leur école infaillible.

Les Arméniens des villes appellent rustiques, villageois, les chants populaires, et ils ont raison, car c’est le paysan que crée la chanson, qui compose l’air ; dans la composition d’une chanson, chaque paysan a sa part.

Ce texte du Révérend Père Komitas est paru dans le Mercure Musical en 1907. Il s’agit du premier chapitre d’un article intitulé “La musique rustique arménienne”, traduit en français par le poète Archag Tchobanian.


Du Web 2.0 pour anticiper le Web 3.0

Jeudi 19 mai 2011, je suis invité par sparklingPoint pour débattre de l’émergence du Web sémantique dans le monde de l’entreprise. SparklingPoint est une communauté d’échange d’expériences sur les technologies de l’information.

Je suis intéressé par le phénomène et l’usage qui, tous les deux, informent nos décisions d’adhérer ou de refuser le 3.0. Je suis persuadé que l’ouverture des données est une chance. Mais adviendra-t-elle ? Comment ? A quelles conditions ?


Les chorales arméniennes

Les chorales arméniennes sont nombreuses. Elles démontrent combien le chant est apprécié sous toutes ces formes.

Fin 2007, j’avais publié un post sur le même sujet. Celui-ci en est la mise à jour. Les chorales sont répertoriées par catégorie.

Chant liturgique

  • L’ensemble Akn a pour vocation de raviver et de développer l’interprétation traditionnelle du chant liturgique arménien. Aram Kerovpyan a créé ce Centre d’études du chant liturgique arménien en janvier 1998 à Paris. Akn est une chorale mixte, formée de 14 à 16 participants.

Chant choral

  • Paris. La chorale Sipan-Komitas est le premier choeur mixte arménien créé à Paris en 1923. Son répertoire est composé de chants religieux et profanes. Son chef actuel, Haïg Sarkissian en a pris la direction en 2010 à la suite de Garbis Aprikian qui l’avait dirigée depuis 1953 et qui reste le directeur artistique.
  • Paris. La chorale arménienne Koghtan est dirigée par Haïg Sarkissian. Ce choeur qui répète à Paris chante un répertoire religieux et profane.
  • Nice. La chorale Sayat Nova, créée en 1992 par des amateurs de musique arménienne, chante des chants religieux et profanes sous la direction de Khatchig Yilmazian.
  • Lyon. Créée en 1962 au sein de l’Eglise apostolique Saint-Jacques de Lyon, la chorale Gomidas a pour chef Jean Berbérian.
  • Alfortville. La chorale Daron a été fondée en 1986. Elle est dirigée par Stéphane Yorganciyan.

Chorale scolaire

  • La chorale des élèves de l’école Saint Mesrop d’Alfortville sous la direction de Stéphane Yorganciyan.
  • L’école Tebrotzassère du Raincy est dotée de deux chorales distinctes : la première composée des enfants du primaire et la seconde des élèves du collège. Elles sont dirigées par Haïg Sarkissian, directeur de l’établissement.

Les Etudes Arméniennes, dans le monde

Les Etudes Arméniennes sont présentes dans plusieurs pays. Abordons la France, le Portugal et l’Amérique du Nord.

France, la Société des Etudes Arméniennes

En France, la Société des Etudes Arméniennes (SEA), fut fondée le 9 janvier 1920 par Victor Bérard, Charles Diehl, André-Ferdinand Hérold, H. Lacroix, Frédéric Macler, Antoine Meillet, Gabriel Millet, Gustave Schlumberger.

Frédéric Macler et Antoine Meillet créent la même année 1920 la Revue des Etudes Arméniennes (REA). Frédéric Macler en est l’administrateur-archiviste, Antoine Meillet le secrétaire général et H. Lacroix le trésorier. Il s’agit d’une revue universitaire de linguistique dédiée à l’étude de l’histoire, de l’histoire de l’art, la philologie, la linguistique et la littérature. Cette première revue s’arrête en 1933 pour ne reprendre qu’en 1964. Le comité de rédaction comprend alors Emile Benvéniste, Cl. Cahen, Marius Canard, Sirapie Der-Nersessian, Georges Dumézil, A. Dupont-Sommer, Frédéric Feydit, A. Grabar, P. Lemelre, Ch. Mercier, A. Mirabel et L. Robert. A partir de 1964, les directeurs de la revue ont été successivement Emile Benveniste (1964-1975), Georges Dumézil (1975-1980) et Sirarpie Der-Nersessian (1981-1989).

En 1992, Claire Mouradian (CNRS) et Anaïd Donabédian (INALCO) créent une association pour réunir à nouveau des chercheurs dans le domaine des études arméniennes. L’association a repris la publication de la Revue des Etudes Arméniennes à partir de 1994 sous la direction de Nina Garsoïan.

Le Portugal, La Fondation Calouste Gulbenkian

La Fondation Calouste Gulbenkian a été créée par dispositions testamentaires de Calouste Gulbenkian, le 18 juillet 1956. C’est une institution portugaise de droit privé et d’utilité publique, dont les objectifs statutaires sont l’Art, la Bienfaisance, la Science et l’Education. Elle intervient au niveau international dans de très nombreuses actions d’envergure.

La Fondation a son siège à Lisbonne où se trouve également le Service des Communautés Arméniennes, l’un de ses premiers services à être créé. Parmi les autres services, en 1969, le Musée est inaugurée. On trouve aussi un Grand Auditorium, des salles d’expositions temporaires, une zone de congrès avec plusieurs salles et auditoriums.

L’Amérique du Nord, the National Association for Armenian Studies and Research

L’Association nationale d’études arméniennes et de la Recherche (NAASR) a été créé en 1955 par un groupe de soixante personnes désirant faire avancer les études arméniennes aux Etats-Unis. Grâce aux efforts de collecte de fonds de la NAASR, les deux premières chaires d’Études Arméniennes ont ouvertes aux États-Unis à Harvard en 1959 et à l’Université de Los Angeles en 1965. NAASR a également soutenu des programmes d’études arméniennes d’un certain nombre d’autres universités américaines, parmi lesquelles Columbia University, University of Massachusetts à Boston et à Amherst, Wayne State University, Tufts University, California State University à Fresno, University of Connecticut, University of California, Berkeley, et Bentley University.


Une inscription grecque de Garni, en Arménie

Les inscriptions grecques sont très rares en Arménie. En voici une de bonne dimension.


La réutilisation des données publiques, ça bouge

Le monde anglo-saxon s’est déjà engagé dans cette voie depuis quelques années. Tout le monde observe, on s’interroge. Les questions sont techniques, organisationnelles, économiques, normatives… et tout simplement pratiques.

Et il y a des réponses :

  • techniques : le web des données, l’open data, les bases non SQL, des projets comme Datalift, etc.
  • organisationnelles : la création d’agences, de portails comme Data Publica, etc.
  • économiques : pour l’instant, ce sont essentiellement les états qui financent, les réutilisateurs privés attendent du gratuit
  • normatives : le W3C a déjà produit un important travail
  • pratiques : les usages se cherchent encore, mais des mashups intéressants montrent des pistes prometteuses

En France, après l’APIE, nous avons depuis une semaine Etalab qui font suite à des initiatives locales avant-gardistes à Rennes et Paris. Ca bouge aussi à Nantes, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Montpellier, Toulon, Le Havre …

Des conférences sont proposées sur le sujet par différentes organisations, comme par exemple :


Des bibliothèques de textes grecs anciens

J’ai souvent cherché tel ou tel texte sans jamais systématiser ma recherche. Aujourd’hui, c’est un peu par hasard que j’ai “posé le clic” sur la Βικιθήκη que la version grecque de wikipedia met en ligne.

Si je cherche Platon, Πλάτων, les oeuvres, Έργα, disponibles sont :

  • Ἀλκιβιάδης α
  • Ἀπολογία Σωκράτους
  • Εὐθύφρων
  • Θεαίτητος
  • Ίων
  • Κριτίας
  • Κρίτων
  • Λάχης
  • Πολιτεία
  • Σοφιστής
  • Συμπόσιον
  • Τίμαιος
  • Φαίδων
  • Χαρμίδης
  • C’est un bon début, non ?

    Et comme c’est dans un wiki, chacun peut apporter quelque chose. Parmi tous les auteurs, certains ne sont pas tout à fait grecs. Par exemple, on trouve John Kennedy ! Les textes sont accentués et dans un bel unicode, ça ne gâche rien, super.

    Je ne me suis pas arrêté là, et j’ai poursuivi la fouille. In fine, voici quelques résultats avec des sites spécialisés :

    Bibliotheca Augustina

    Titus

    Philippe Remacle

    Bibliotheca Classica Selecta

    Myriobiblios

    UCL, département d’études grecques, latines et orientales

    Bilbiotheca classica selecta


    Quelques données chiffrées sur des datasets du Linking Open Data

    On me demande souvent des chiffres sur ces fameux datasets qui commencent à peupler le LOD (Linking Open Data). Voici donc quelques statistiques sur des ensembles de données disponibles :

    Voici une requête SPARQL qui permet d’interroger le data.gov américain :

    PREFIX rdf: <http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#>
    SELECT ?g ?number_of_triples
    WHERE
    {GRAPH ?g
    {
    ?s a <http://data-gov.tw.rpi.edu/2009/data-gov-twc.rdf#Dataset> .
    ?s <http://data-gov.tw.rpi.edu/2009/data-gov-twc.rdf#number_of_triples> ?number_of_triples.
    filter ( regex( str(?g) , "Dataset") )
    }
    }
    order by ?g

  • Catégories

  • Calendrier

    May 2012
    M T W T F S S
    « Apr    
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    28293031  
  • Archives

  • Copyright © 1996-2010 Blogabriel. All rights reserved.
    iDream theme by Templates Next | Powered by WordPress