Aram Mardirossian, docteur en histoire du droit, spécialiste du droit canonique de l’Antiquité tardive et du Haut Moyen Age, nous offre une série d’émissions de radio que l’on peut écouter sur Radio Ayp en Ile-de-France sur 99.5 et partout sur Internet http://www.radio-aypfm.com/. Le sujet de cette série qui a débuté le 5 janvier 2010 est l’histoire riche et mouvementée de l’Eglise d’Arménie, depuis le début du IVe, avec la conversion du Roi Tiridate IV jusqu’au milieu du XIe siècle en 1064, date de la prise d’Ani par les Turcs Seldjoukides.
Les trois parties que composent les émissions successives sont « des légendes apostoliques à la conversion de Tiridate le Grand », « les querelles christologiques » puis « l’église arménienne sous la domination arabe ». Il s’agit d’une chronique exposée avec beaucoup de rigueur et destinée à être accessible au plus grand nombre. Les faits historiques sont présentés à partir de toutes les sources disponibles.
Les émissions peuvent être aussi podcastées depuis le site de Radio Ayp.
Le 14 janvier 2010, Bernard Outtier a donné une conférence organisée par la Société des Etudes Arméniennes et intitulée « Georges Dumézil, les langues du Caucase, et l’arménien ». Bernard Outtier a bien connu Dumézil et il nous en a donné un portrait de première main.
Georges Dumézil a inventorié le monde indo-européen. Un de ses apports majeurs est d’avoir trouvé les trois fonctions qui sous-tendent l’idéologie indo-européenne primitive (prêtre, guerrier et producteur). Il est le créateur d’une nouvelle science : la mythologie comparée. Mais le savant a autant travaillé et publié dans les domaines de la linguistique et en particulier de la linguistique caucasienne et caucasique. Il a appris des dizaines de langues et les anecdotes sont nombreuses.
Bernard Outtier est directeur de recherche au CNRS. Il enseigne le géorgien à l’Institut Catholique de Paris et a enseigné la littérature arménienne à Genève.
Un signe diacritique est un signe graphique comme par exemple le point, l’accent, la cédille. Il est ajouté à un graphème simple de l’alphabet, il permet alors de transcrire un phonème différent. Ainsi on évite la confusion entre homographes.
On trouve des signes diacritiques dans de nombreux alphabets en français, en russe, en arabe, etc. En arménien, un signe diacritique marque l’emphase, c’est le շեշտ (shesht, ce mot signifie tout simplement ‘accent’). Il se présente comme un accent aigu placé sur la voyelle porteuse de l’emphase.
Voici un exemple sans signe diacritique ահաւասիկ et le même mot porteur d’un shesht ահա́ւասիկ.
Dans le cursus national LMD en études arméniennes organisé par l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, Département Eurasie, le cours « Outils et méthodologie en études arméniennes » présente des ressources concernant l’Arménie, les Arméniens et la langue arménienne (bibliothèques, outils informatiques, polices de caractères, sites internet, etc.). Ce cours est assuré en salle multimedia.
C’est après la guerre, le 14 mai 1949, que Nourhan Fringhian crée le Musée arménien de France. Avec l’aide de quelques amis arméniens érudits et collectionneurs comme lui, ils réunissent leurs collections et constituent un fonds remarquable et unique en France consacré à la culture et aux traditions arméniennes : des céramiques, des objets ecclésiastiques, des amulettes, des bibles traduites et d’autres ouvrages liturgiques, des tableaux etc.
Puisque le musée physique est fermé depuis de nombreuses années, malgré une réouverture de deux mois au cours de l’année de l’Arménie, et qu’il ne pourra jamais être accessible partout dans le monde, il faut saluer la naissance du site du musée arménien de France (MAF). L’histoire de ce musée se poursuit donc sous l’impulsion de Frédéric Fringhian, fils du créateur, et de toute une équipe motivée.
Ce musée virtuel est une belle réalisation au niveau de son contenu iconographique, photographique et documentaire. C’est aussi une belle réussite technique : un site RIA en flex.
Pour toutes ces bonnes raisons, je vous invite à visiter ce beau musée virtuel et à lui apporter votre soutien.
A la demande de l’Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (ACAM), j’ai partagé mercredi 3 juin au cours d’une conférence ma conviction qu’il n’est plus possible de communiquer en arménien, notamment sur Internet, par mail, dans les blogs, les sites etc. sans adopter définitivement l’unicode. J’ai déjà écrit plusieurs billets sur ce thème.
Ce mercredi 3 juin 2009, à 20h30 précises, sur la péniche Anako ancrée dans le bassin de la Villette, en face du 61 quai de La Seine (Paris 18e), nous nous sommes retrouvés nombreux. Les intervenants étaient Philippe Pilibossian, Gabriel Kepeklian et Haroutioun Khatchadourian.
De quoi s’agit-il ?
Les utilisateurs de Windows ont à leur disposition un outil Unicode très simple. Il n’est pas adapté à la saisie d’un long texte mais est particulièrement utile pour tous ceux qui ont à saisir des caractères Unicode non accessibles à l’aide du clavier standard. Ce programme étant méconnu pour ses possibilités Unicode, il mérite ce billet d’explication et vous verrez que vous l’adopterez dans votre trousse à outils.
Où trouver ce logiciel ?
Ce logiciel est livré avec Windows pour toutes les versions de Windows 98, 2000, XP et Vista. Il est donc situé dans un des répertoires d’installation du système d’exploitation de Microsoft. Si jamais vous n’aviez pas ce logiciel dans votre ordinateur, il est possible de le télécharger depuis le site de Microsoft.
Comment lancer ce programme ?
Il y a au moins trois méthodes simples. Choisissez.
Comment utilisez Charmap ?
Après avoir lancé Charmap, la fenêtre qui apparaît est dans un mode d’affichage simple. En cochant la case « Affichage avancé » en bas, vous obtenez ceci :

Choisissez la police de caractères que vous voulez utiliser. Pour les caractères arméniens, je vous recommande « sylfaen ».
Maintenant voyons comment retrouver un caractère précis.

Si vous sélectionnez un alphabet, par exemple l’arménien, la fenêtre principale change et se spécialise pour ne présenter que les caractères de l’alphabet choisi.

Maintenant, il ne vous reste plus qu’à sélectionner le ou les caractères de votre choix puis à les copier pour les coller dans votre application, par exemple votre traitement de textes ou votre tableur.
Charmap réserve encore d’autres fonctionnalités que vous découvrirez par vous-même, j’en suis sûr !
Pour aller plus loin … mais je ne le recommande pas
Il existe aussi un outil très « confidentiel » et donc bien caché : l’éditeur de caractère privé. Ce logiciel s’appelle : « eudcedit ». Pour y accéder, restez dans la même logique que pour Charmap : Démarrer/Exécuter ou « Fenêtre »+R. Il vous servira à créer vos propres caractères Unicode qui seront enregistrés dans un fichier se terminant par l’extension « .TTE ».
Vous pourrez ensuite utiliser ces nouveaux caractères en choisissant la police que vous aurez ainsi créée. Si vous voulez que vos correspondants vous lisent, il faudra leur donner votre fichier « .TTE ».
Mon conseil : l’utilisation de cette possibilité devrait rester totalement personnelle, limitée à vos besoins propres. Il n’y a en effet aucune pérennité à attendre de caractères créés par vous …
Pour cette sixième page, passons maintenant à la troisième lettre : la lettre kim de l’alphabet mesropien, Գ.
Cette lettre apparait deux fois dans le nom de l’Illuminateur de l’Arménie. Nous la trouvons à l’initiale et au milieu du nom de Krikor (ou Grigor). Voici une première inscription où on peut lire ԵՍԳՐԻԳՈՐ, c’est à dire Ես Գրիգոր qui signifie « Moi, Grégoire »
Dans cette autre inscription, on lit simplement le prénom Krikor, ԳՐԻԳՈՐ.
J’ai déjà parlé de cette inscription qui figure aux pieds de l’ange Gabriel sur le tympan de l’église de Noravank. On distingue parfaitement le kim à l’initiale : Գ(Ա)ԲՐԻԷԼ.
Je n’ai pas trouvé, pour l’instant, d’exemple d’un kim pris dans une ligature avec ou sans badiv. En avez-vous déjà rencontré ?
Après avoir considéré la lettre pen Բ seule, je vous propose des compositions. Commençons avec S(OUR)P Ս(ՈՒՐ)Բ, ce qui signifie saint. Seules lettres initiale et finale sont gravées.
On remarque que le badiv est présent en b, c, d et e où il couvre les deux lettres. Les quatre badivs ont des formes différentes. Les trois premiers sont tildés, b simplement avec des courbes, c avec une inflexion centrale très appuyée et d avec un point central qui a la forme d’une tête de clou. Le quatrième et dernier badiv est droit. En b, c et d les deux lettres sont, par économie ou par coquetterie, réunies pour former un système graphique complexe.
Dans la même inscription, on trouve ici le nom au nominatif et au génétif. C’est l’occasion d’y observer la variation introduite par le graveur. Il semble qu’il ne veuille avoir que deux lettres sous le badiv, à cette fin, en f, il a bien dissocié l’initiale et la finale du mot. En g, elles sont réunies et permettent l’ajout du Յ qui marque le
Cette dernière inscription figure aux pieds de l’ange Gabriel, à la droite de la Mère de Dieu assise et portant l’enfant Jésus, sur le tympan de l’église de Noravank. On y lit dont tout simplement le nom de l’ange Գ(Ա)ԲՐԻԷԼ. C’est un bel exemple d’ornementation complexe. Le graveur a réussi à inscrire 6 lettres sous le badiv, lequel n’est pas fait d’un simple trait mais d’un bel entrelacs.
Après les trois premières pages (1, 2 et 3) d’épigraphies arméniennes consacrées au aïp Ա, la première lettre de l’alphabet, je vous propose naturellement la deuxième lettre : pen Բ.
Commençons simplement par la lettre seule.
a) Sur le mur d’une l’église à Ani, vers le Xe siècle
b) Sur le mur de l’église de Dadivank (XIIIe siècle), dans le Haut-Karabach
c) Sur un khachkar daté de 1543, conservé dans les jardins d’Etchmiadzin
d) Sur le mur de l’église de Geghard, une inscription relativement récente
e) Sous le campanile, à l’entrée de l’Eglise Mère d’Etchmiadzin, une inscription relativement récente
Peu à peu le caractère se dessine plus nettement comme nous le connaissons aujourd’hui. Si vous suivez les variations de la barre médiane de la lettre, vous reconnaissez progressivement la majuscule dans sa forme actuelle.
Puisque nous sommes encore dans la semaine de Pâques, prenons la formule pascale en grabar pour la traduire précisément.
Քրիստոս յարեաւ ի մեռելոց
Օրհնեալ է Յարութիւնն Քրիստոսի
Détaillons la première ligne
Քրիստոս se lit Kristos et s’analyse ainsi : Christ, nominatif ou accusatif singulier, ici au nominatif car c’est le sujet
յարեաւ se lit hariav se s’analyse comme ceci : il s’agit du verbe harnem qui signifie se lever, se réveiller, ressusciter ; il est à la 3e pers. sg. de l’aoriste, ce temps est équivalent au passé simple ou au passé composé
ի se prononce i, c’est une préposition que l’on peut traduire de plusieurs façons, habituellement par en, dans ou de. Cette préposition commande le locatif, l’accusatif ou l’ablatif. La déclinaison s’applique au mot qui suit.
մեռելոց se lit mérélots, il s’agit du mot mérial qui se traduit par mort, il est soit un adjectif soit un subst., sa déclinaison indique le génitif, le datif ou l’ablatif pluriel, mais ici le sens est celui de l’ablatif et d’ailleurs la préposition qui précède ne laisse d’autre choix.
Et maintenant la seconde ligne
Օրհնեալ se prononce orhnial, c’est le participe du verbe orhnem, bénir
է se lit tout simplement è, c’est la 3e pers. Sg. du présent de l’indicatif actif du verbe être
Յարութիւնն se lit haroutioun’n, c’est le substantif suffixé de l’article défini (‘n), la résurrection
Քրիստոսի se lit Kristossi, c’est le génitif de Christ
Nous avons donc la traduction suivante :
Christ est ressuscité d’entre les morts
Bénie est la résurrection du Christ
Après avoir publié l’article « Où chanter de la musique arménienne ?« , je dois complété avec « Où danser des danses arméniennes ? ». Des troupes de danseur sont présentes dans les grandes villes, et comme je ne suis pas au courant de tout, je compte sur vous pour me donner des informations complémentaires. Par avance, chnorhagaloutioun !
La disponibilité de la troisième version du Corpus National de l’Armenian Oriental (EANC) a été annoncée aujourd’hui.
Le Corpus national de l’arménien oriental est une base de données linguistique de textes annotés en arménien oriental standard.
L’EANC, c’est :
Pour en savoir plus sur l’EANC et explorer ses fonctionnalités, visitez www.eanc.net. Tous vos commentaires seront grandement appréciés.
Voyons aujourd’hui comment sont notées les dates. Celles-ci se présentent sous différentes formes.
Les deux premières lettres ԹՎ, surmontées d’un badiv, sont le mot թուական qui signifie « date ». Les trois lettres ՉՁԸ qui suivent sont la date. Չ vaut 700, Ձ vaut 80 et Ը vaut 8. Ce qui nous donne 788 selon le calendrier arménien, soit 788 + 561 = 1349 dans le calendrier occidental.
On reconnait bien les deux lettres ԹՎ, surmontées d’un badiv. Elles sont précédées de la date. Celle-ci est ։ՅԽԶ։ avec de part et d’autre des lettres le signe « : ». Յ vaut 300, Խ vaut 40 et Զ vaut 6. La date est donc le nombre 346 auquel il faut ajouter 551 pour obtenir 897 dans notre calendrier. Il y a deux différences avec le premier exemple a). Premièrement, le mot « date » est ici placé après le nombre ; deuxièmement, le nombre est placé entre « : ».
Voici une suite logique à ma première page publiée la semaine dernière. Je vous propose de poursuivre avec le mot Dieu que nous déclinons ici aux génitif, datif et ablatif singulier : Ա(ստուածո)յ notons qu’ici la finale « յ » est en majuscule « Յ », ce qui est normal puisque les lettres gravées sont pratiquement toujours des onciales (majuscules).
a) Mur de l’église de Geghard
b) et c) Mur de l’église sainte Hripsimé à Etchmiadzin
d) Tympan de l’église sainte Astvatsatsin à Noravank
Le badiv est très lisible au-dessus des deux lettres aip et hi. Sa forme, assez rudimentaire en a), s’arrondit en b) et c). En d), le badiv est particulièrement ornementé.

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