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20 juin 2009

Web 2 et culture, l’exemple du Musée virtuel arménien de France

Classé dans : Arménien, Grabar, Web 2.0 — Mots-clefs :, , — Gabriel Kepeklian @ 16:23

C’est après la guerre, le 14 mai 1949, que Nourhan Fringhian crée le Musée arménien de France. Avec l’aide de quelques amis arméniens érudits et collectionneurs comme lui, ils réunissent leurs collections et constituent un fonds remarquable et unique en France consacré à la culture et aux traditions arméniennes : des céramiques, des objets ecclésiastiques, des amulettes, des bibles traduites et d’autres ouvrages liturgiques, des tableaux etc.

Puisque le musée physique est fermé depuis de nombreuses années, malgré une réouverture de deux mois au cours de l’année de l’Arménie, et qu’il ne pourra jamais être accessible partout dans le monde, il faut saluer la naissance du site du musée arménien de France (MAF). L’histoire de ce musée se poursuit donc sous l’impulsion de Frédéric Fringhian, fils du créateur, et de toute une équipe motivée.

Ce musée virtuel est une belle réalisation au niveau de son contenu iconographique, photographique et documentaire. C’est aussi une belle réussite technique : un site RIA en flex.

Pour toutes ces bonnes raisons, je vous invite à visiter ce beau musée virtuel et à lui apporter votre soutien.

26 avril 2009

Un peu d’épigraphie arménienne, page 6

Classé dans : Arménien, Epigraphie, Grabar — Mots-clefs :, — Gabriel Kepeklian @ 21:05

Pour cette sixième page, passons maintenant à la troisième lettre : la lettre kim de l’alphabet mesropien, Գ.

a) Moi, Grégoire

Cette lettre apparait deux fois dans le nom de l’Illuminateur de l’Arménie. Nous la trouvons à l’initiale et au milieu du nom de Krikor (ou Grigor). Voici une première inscription où on peut lire ԵՍԳՐԻԳՈՐ, c’est à dire Ես Գրիգոր qui signifie “Moi, Grégoire”

b) Dadivank : Krikor

Dans cette autre inscription, on lit simplement le prénom Krikor, ԳՐԻԳՈՐ.

c) Noravank

J’ai déjà parlé de cette inscription qui figure aux pieds de l’ange Gabriel sur le tympan de l’église de Noravank. On distingue parfaitement le kim à l’initiale : Գ(Ա)ԲՐԻԷԼ.

Je n’ai pas trouvé, pour l’instant, d’exemple d’un kim pris dans une ligature avec ou sans badiv. En avez-vous déjà rencontré ?

20 avril 2009

Un peu d’épigraphie arménienne, page 5

Classé dans : Arménien, Epigraphie, Grabar — Mots-clefs :, — Gabriel Kepeklian @ 10:15

Après avoir considéré la lettre pen Բ seule, je vous propose des compositions. Commençons avec S(OUR)P Ս(ՈՒՐ)Բ, ce qui signifie saint. Seules lettres initiale et finale sont gravées.

a) Etchmiadzin b) Geghard c) Geghard, 1855 d) Sainte Hripsimé e) Kecharis, Tsaghkadzor

On remarque que le badiv est présent en b, c, d et e où il couvre les deux lettres. Les quatre badivs ont des formes différentes. Les trois premiers sont tildés, b simplement avec des courbes, c avec une inflexion centrale très appuyée et d avec un point central qui a la forme d’une tête de clou. Le quatrième et dernier badiv est droit. En b, c et d les deux lettres sont, par économie ou par coquetterie, réunies pour former un système graphique complexe.

f) Etchmiadzin g) Etchmiadzin

Dans la même inscription, on trouve ici le nom au nominatif et au génétif. C’est l’occasion d’y observer la variation introduite par le graveur. Il semble qu’il ne veuille avoir que deux lettres sous le badiv, à cette fin, en f, il a bien dissocié l’initiale et la finale du mot. En g, elles sont réunies et permettent l’ajout du Յ qui marque le

h) Noravank

Cette dernière inscription figure aux pieds de l’ange Gabriel, à la droite de la Mère de Dieu assise et portant l’enfant Jésus, sur le tympan de l’église de Noravank. On y lit dont tout simplement le nom de l’ange Գ(Ա)ԲՐԻԷԼ. C’est un bel exemple d’ornementation complexe. Le graveur a réussi à inscrire 6 lettres sous le badiv, lequel n’est pas fait d’un simple trait mais d’un bel entrelacs.

19 avril 2009

Un peu d’épigraphie arménienne, page 4

Classé dans : Arménien, Epigraphie, Grabar — Mots-clefs :, — Gabriel Kepeklian @ 23:38

Après les trois premières pages (1, 2 et 3) d’épigraphies arméniennes consacrées au aïp Ա, la première lettre de l’alphabet, je vous propose naturellement la deuxième lettre : pen Բ.

Commençons simplement par la lettre seule.

a) Ani b) Dadivank c) 1543 Khachkar, Etchmiadzin d) Geghard e) Etchmiadzin

a) Sur le mur d’une l’église à Ani, vers le Xe siècle

b) Sur le mur de l’église de Dadivank (XIIIe siècle), dans le Haut-Karabach

c) Sur un khachkar daté de 1543, conservé dans les jardins d’Etchmiadzin

d) Sur le mur de l’église de Geghard, une inscription relativement récente

e) Sous le campanile, à l’entrée de l’Eglise Mère d’Etchmiadzin, une inscription relativement récente

Peu à peu le caractère se dessine plus nettement comme nous le connaissons aujourd’hui. Si vous suivez les variations de la barre médiane de la lettre, vous reconnaissez progressivement la majuscule dans sa forme actuelle.

17 avril 2009

La formule pascale arménienne

Classé dans : Arménien, Grabar, Linguistique — Mots-clefs :, , — Gabriel Kepeklian @ 12:55

Puisque nous sommes encore dans la semaine de Pâques, prenons la formule pascale en grabar pour la traduire précisément.

Քրիստոս յարեաւ ի մեռելոց
Օրհնեալ է Յարութիւնն Քրիստոսի

Détaillons la première ligne
Քրիստոս se lit Kristos et s’analyse ainsi : Christ, nominatif ou accusatif singulier, ici au nominatif car c’est le sujet
յարեաւ se lit hariav se s’analyse comme ceci : il s’agit du verbe harnem qui signifie se lever, se réveiller, ressusciter ; il est à la 3e pers. sg. de l’aoriste, ce temps est équivalent au passé simple ou au passé composé
ի se prononce i, c’est une préposition que l’on peut traduire de plusieurs façons, habituellement par en, dans ou de. Cette préposition commande le locatif, l’accusatif ou l’ablatif. La déclinaison s’applique au mot qui suit.
մեռելոց se lit mérélots, il s’agit du mot mérial qui se traduit par mort, il est soit un adjectif soit un subst., sa déclinaison indique le génitif, le datif ou l’ablatif pluriel, mais ici le sens est celui de l’ablatif et d’ailleurs la préposition qui précède ne laisse d’autre choix.

Et maintenant la seconde ligne
Օրհնեալ se prononce orhnial, c’est le participe du verbe orhnem, bénir
է se lit tout simplement è, c’est la 3e pers. Sg. du présent de l’indicatif actif du verbe être
Յարութիւնն se lit haroutioun’n, c’est le substantif suffixé de l’article défini (‘n), la résurrection
Քրիստոսի se lit Kristossi, c’est le génitif de Christ

Nous avons donc la traduction suivante :

Christ est ressuscité d’entre les morts
Bénie est la résurrection du Christ

23 mars 2009

Un peu d’épigraphie arménienne, page 3

Classé dans : Arménien, Epigraphie, Grabar — Mots-clefs : — Gabriel Kepeklian @ 1:56

Voyons aujourd’hui comment sont notées les dates. Celles-ci se présentent sous différentes formes.

a) Noravank

Les deux premières lettres ԹՎ, surmontées d’un badiv, sont le mot թուական qui signifie “date”. Les trois lettres ՉՁԸ qui suivent sont la date. Չ vaut 700, Ձ vaut 80 et Ը vaut 8. Ce qui nous donne 788 selon le calendrier arménien, soit 788 + 561 = 1349 dans le calendrier occidental.

b) Garni

On reconnait bien les deux lettres ԹՎ, surmontées d’un badiv. Elles sont précédées de la date. Celle-ci est ։ՅԽԶ։ avec de part et d’autre des lettres le signe “:”. Յ vaut 300, Խ vaut 40 et Զ vaut 6. La date est donc le nombre 346 auquel il faut ajouter 551 pour obtenir 897 dans notre calendrier. Il y a deux différences avec le premier exemple a). Premièrement, le mot “date” est ici placé après le nombre ; deuxièmement, le nombre est placé entre “:”.

22 mars 2009

Un peu d’épigraphie arménienne, page 2

Classé dans : Arménien, Epigraphie, Grabar — Mots-clefs : — Gabriel Kepeklian @ 22:50

Voici une suite logique à ma première page publiée la semaine dernière. Je vous propose de poursuivre avec le mot Dieu que nous déclinons ici aux génitif, datif et ablatif singulier : Ա(ստուածո)յ notons qu’ici la finale “յ” est en majuscule “Յ”, ce qui est normal puisque les lettres gravées sont pratiquement toujours des onciales (majuscules).

a) Geghard b) sainte Hripsimé à Etchmiadzin c) sainte Hripsimé à Etchmiadzin d) sainte Astvatsatsin à Noravank

a) Mur de l’église de Geghard

b) et c) Mur de l’église sainte Hripsimé à Etchmiadzin

d) Tympan de l’église sainte Astvatsatsin à Noravank

Le badiv est très lisible au-dessus des deux lettres aip et hi. Sa forme, assez rudimentaire en a), s’arrondit en b) et c). En d), le badiv est particulièrement ornementé.

15 mars 2009

Un peu d’épigraphie arménienne, page 1

Classé dans : Arménien, Epigraphie, Grabar — Mots-clefs : — Gabriel Kepeklian @ 21:40

Les églises arméniennes sont des livres ouverts pour les épigraphes. Leurs murs sont couverts de cette belle écriture dont la légende dit que c’est Dieu qui l’inspira à Mesrop à l’orée du Ve siècle. Alors commençons justement avec le nom de Dieu. Il est rarement écrit en entier et c’est généralement sous sa forme abrégée qu’on le trouve. Voici quelques exemples :

a) Dadivank b) Saints-Archanges c) Vank

a) Eglise de Dadivank (XIIIe siècle), dans le Haut-Karabach

b) Eglise des Saints-Archanges (XIIIe siècle), dans le quartier arménien de Jérusalem.

c) Cathédrale de Vank (XVII-XVIIIe siècle), dans le quartier de la Nouvelle-Djoulfa, à proximité d’Ispahan, en Iran.

En arménien, au nominatif et à l’accusatif singulier, Dieu s’écrit Աստուած. Gravé, on ne conserve que l’initiale en majuscule surmonté d’un badiv (a,b,c) et la finale ծ en minuscule est soit intégrée dans l’initiale Ա (a), séparée (b) ou absente (c).

A suivre …

NB : L’épigraphie est l’étude des inscriptions anciennes conservées sur des matières durables. Généralement, il s’agit de textes gravés dans la pierre, mais ça peut être aussi dans le métal ou l’argile.

15 novembre 2008

Le badiv inversé, curiosité ou phantasme ?

Classé dans : Arménien, Grabar, Linguistique — Mots-clefs :, , — Gabriel Kepeklian @ 14:57

Le badiv est une notation spécifique de l’arménien classique qui ressemble à un trait horizontal placé au-dessus d’un mot ou d’une partie de mot. Il signifie que le mot a été abrévié. Le mot arménien badiv պատիւ se traduit par honneur (pour voir un exemple).

Dans la “Grammatica linguae armeniacae” que H. Petermann publie à Berlin en 1837, on peut lire ceci à la page 5 :

La traduction du latin est : (Dieu) pour (Dieu), et j’inverse (a) (dieu) pour un dieu fictif.

Nulle part ailleurs je n’avais vu ce badiv inversé. Et Petermann ne cite malheureusement aucun exemple … Alors curiosité ou phantasme ?

18 octobre 2008

Garni, inscription d’une pierre tombale

Classé dans : Arménien, Epigraphie, Grabar — Mots-clefs :, , — Gabriel Kepeklian @ 23:31

Cette inscription figure en tête d’une pierre tombale posée à même le sol (coordonnées pour Google Maps : 40.112838, 44.729515), à quelques dizaines de mètres du temple de Garni (Գառնի en arménien). Ce site est situé à l’est d’Erevan, la capitale de l’Arménie. Ce temple païen est l’un des tout derniers vestiges grecs de l’époque pré-chrétiennes.

Cette belle inscription, gravée de remarquables onciales, se lit comme ceci :

։ՅԽԶ։ԹՎ։ Ի ՔՍ
ՓՈԽՑ ՏՐ ՄԱՇԴ

Il faut noter la présence de badiv sur presque tous les groupes de lettres. Le badiv est cette notation spécifique de l’arménien classique qui ressemble à un trait horizontal et signifie que le mot a été abrévié. Le mot arménien badiv se traduit par honneur. Pour figurer les badiv, je place des parenthèses sur les mots surmontés de cette notation.

։ՅԽԶ։(ԹՎ)։ Ի (ՔՍ)
(ՓՈԽՑ) (ՏՐ) (ՄԱՇԴ)

Si nous complétons, en ajoutant des minuscules italisées et en gras, nous avons :

։ՅԽԶ։ԹՎ։ Ի ՔրիստոՍ
ՓՈԽեՑաւ ՏէՐ ՄԱՇԴոց

Ce qui s’analyse ainsi :

  • ։ՅԽԶ։ [de part et d'autre des lettres on trouve ":", il s'agit donc d'un nombre, en l'occurrence 346. Il s'agit d'une date selon l'ancien calendrier. Il faut donc ajouter 551 pour obtenir 897 dans notre calendrier]
  • ԹՎ։ [forme de թուական = (à la) date]
  • Ի [prép. dans +Acc]
  • ՔրիստոՍ [Christ]
  • ՓՈԽեՑաւ [verbe փոխեմ = trépasser, décéder, aoriste médio-passif 3e pers.sg.]
  • ՏէՐ [seigneur]
  • ՄԱՇԴոց [Machtots]

La traduction de cette épitaphe d’une extrême sobriété est :

En l’an 346, le Seigneur Machtots est décédé dans le Christ.

Le Catholicos Machtots Ier (833 – 898) était originaire du village de Elivart, dans la province du Kotayk. Ce même village, trois siècles auparavant, avait donné naissance à un autre catholicos : Movses II (574-604). Son pontificat ne dura que 7 mois (de 897 à 898). Il était le 49e catholicos.

Pour en savoir plus sur le Catholicos Machtots :

NBHL = Nor baúgirì haykazean lezui, 1837, Nouveau dictionnaire de la langue arménienne

Merci à Agnès Ouzounian pour ses conseils qui m’ont aidé dans la rédaction de cette page.

4 août 2008

Moïse de Khorène – Մովսես Խորենացի

Classé dans : Arménien, Grabar, Moteur de recherche — Gabriel Kepeklian @ 2:01

Moïse de Khorène est le premier historien arménien de l’Arménie qui nous soit connu.

On sait peu de chose de lui. Moïse est originaire de Khoren, il est donc Khorenatsi et son vrai nom est Movses Khorenatsi. La période à laquelle il vécut reste encore indéterminée. Pour certains historiens, il vécut au IXe siècle, d’autres le situe au VIe siècle, ou encore au Ve siècle. C’est cette dernière hypothèse qui est la plus rationnelle.

Il écrivit une « Histoire de l’Arménie » sur commande du prince Sahak II Bagratouni, vers le Ve ou le VIe siècle.

Comment écrire “Movses Xorenac’i – Histoire de l’Arménie” ?

  • En arménien classique (majuscules) : ՄՈՎՍԷՍ ԽՈՐԵՆԱՑԻ – ՀԱՅՈՑ ՊԱՏՄՈՒԹԻՒՆ
  • En arménien classique : Մովսես Խորենացի – Հայոց պատմութիւն
  • En arménien moderne : Մովսես Խորենացի – Հայոց պատմություն
  • En translittéré (HMB) : Movses Xorenac’i – Hayoc’ patmowt’iwn
  • En russe : Моисей Хоренский – История Армении

Voici quelques ressources textuelles utiles :

  1. La notice publiée par l’ACAM (Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée).
  2. Le texte en arménien classique (projet TITUS de l’Université de Frankfurt am Main).
  3. Le texte traduit en russe.
  4. Le texte traduit en français par Victor Langlois (site de Philippe Remacle).
  5. Le livre numérisé, première traduction française de Victor Langlois. (téléchargeable en pdf, 25.7 mo)
  6. Et la belle traduction française qui nous a été donnée par Annie et Jean-Pierre Mahé, coll. L’aube des Peuples, Gallimard 1993.

Pour finir, quelques liens vers des ressources iconographiques :

  1. Une page d’un manuscrit du IX ou Xe siècle
  2. Une des premières pages d’un manuscrit du XIVe siècle
  3. La première page de l’édition d’Amsterdam de 1695
  4. La première page de l’édition de Londres en 1736

3 juillet 2008

Web 2.0 et épigraphie arménienne

Classé dans : Arménien, Epigraphie, Grabar, Réseau social, Web 2.0 — Mots-clefs :, — Gabriel Kepeklian @ 0:18

Les réseaux sociaux sont l’une des grandes réussites du web 2.0. Le site de partage de photographies Flickr est l’un de ces réseaux qui est particulièrement réussi. Comme je suis à la recherche de bonnes photographies de témoignages épigraphiques de langue arménienne, je ne pouvais pas me contenter de mes seules photos. J’ai donc créer un groupe Flickr consacré à l’épigraphie arménienne.

En à peine 5 semaines, ce sont déjà plus de 100 photographies qui ont été publiées dans ce groupe. Quant aux membres du groupe, ils sont plus de 10. Si vous avez d’autres clichés, je vous invite à prendre part à cette expérience de partage. Vous pouvez aussi commenter certaines photos.

Ainsi, le web 2.0 contribue à la constitution d’un fonds documentaire épigraphique … où chacun peut prendre sa part.

26 mai 2008

Une inscription arménienne à Lucques

Classé dans : Arménien, Epigraphie, Grabar — Gabriel Kepeklian @ 11:56

La cathédrale saint Martin de la ville de Lucques en Toscane (Italie) a été construite au 6e siècle. Du 11e au 13e siècle, elle est reconstruite. Au 14e, c’est l’intérieur qui est refait. L’ensemble est superbe et mérite la visite.

On peut y découvrir ce détail intéressant, une inscription en onciales arméniennes. En voici la lecture.

զՅակոբ Կարցին յիշեցէք

Ce qui s’analyse ainsi :

զ- [prép+acc] Յակոբ [prénom, Acc.sg] Կարցի-ն [nom, Gén.pl + art.] յիշեցէք [verbe յիշեմ se souvenir, impér. 2e pl.].

et se traduit par : “souvenez-vous de Hakob de Kars”. Qui était ce personnage ? De quand date l’inscription ? Pour l’instant, je n’ai pas de réponse. Merci à Agnès pour son aide épigraphique.

Kars est une ville située en Turquie. Au 10e siècle, Kars et sa région étaient un royaume arménien sous la domination de la dynastie des Bagratides.

18 mai 2008

Epigraphie arménienne

Classé dans : Arménien, Epigraphie, Grabar — Mots-clefs : — Gabriel Kepeklian @ 1:10

Parmi les nombreuses façons d’accéder à des textes écrits en arménien ancien, l’épigraphie est une voie qui mérite d’être empruntée avec un appareil de photos en poche … C’est que j’ai fait lors de mon voyage en Arménie, en novembre dernier. En rentrant, j’ai trié les clichés et je viens de créer un groupe dans Flickr pour les mettre à disposition.

Ce groupe Epigraphie armenienne – Armenian epigraphy vous attend. Bonne visite et si vous voulez participer, devenez-en membre.

10 mai 2008

Une inscription de Geghard

Classé dans : Arménien, Epigraphie, Grabar — Gabriel Kepeklian @ 0:34

Sur un mur du monastère de Geghard, vous pouvez voir cette inscription écrite en onciale. Elle a été légèrement rognée à droite et à gauche.

Ligne 1 – (Ե)ՍՄԱՄԱՔԱՆՍԵՏՈՒ:Խ՛:
Ligne 2 – (Ի)ՍԲՈՒԽՏՍԵՒՍՊԱՍԱՒՈ(Ր)
Ligne 3 – ԽՈՍՏԱՑԱՒՏԱՐԻՆ:Բ:ԱՒ(Ր)

Ce texte peut se réécrire :

Ligne 1 – Ես Մամաքանս ետու :խ՛:
Ligne 2 – ի ս(ուր)բ ուխտս եւ սպասաւոոր
Ligne 3 – խոստացաւ տարին :բ: աւոր

Analyse :

Ligne 1 – Ես [pr. pers, 1PS, moi] Մամաքան+ս [nom propre + article] ետու [v. donner, aor. 1PS] :խ՛: [nb 40]
Ligne 2 – ի [prép.] ս(ուր)բ [adj. abrév. avec badiv, saint] ուխտ+ս [subs. congrégation + article] եւ [conj. et] սպասաւոր [subs. serviteur]
Ligne 3 – խոստացաւ [v. promettre, aor. 1PS] տարին [տարի, subs. an, տարին par an] :բ: [nb 2] աւոր [subs. jour]

Traduction :

Moi, Mamakan, j’ai donné 40
à cette sainte congrégation et le serviteur
a promis par an 2 jours

Inscription de Geghard

Notes

Le monastère de la Sainte Lance de Geghard est situé dans la région du Kotayk en Arménie. Il est fondé au VIIe ou VIIIe siècle, peut-être avant. Après sa destruction pendant la période de l’invasion arabe, il est reconstruit au XIIIe siècle. En arménien ancien գեղարդն (gueghardn) signifie “lance”.

Pour l’état de l’inscription, on remarque qu’elle a été nettoyée et qu’à gauche et à droite, elle a été rognée. C’est pour cette raison que la proposition de lecture de cette inscription comporte des lettres supplémentaires mises entre parenthèses en tête des lignes 1 et 2 ainsi qu’à la fin des lignes 2 et 3.

Si on observe les 4 extrémités de la croix, on constate des petits trous de la forme de clous à section carré. Le trou du haut a même laissé une trace, peut-être de rouille, dans la pierre. Y avait-il une autre croix fixée par 4 clous ? Ou bien, y avait-il simplement 4 clous à tête pour ornement ?

A la 2e ligne, l’adjectif սուրբ (sourp) est écrit sous sa forme abbréviée սբ (sp) surmontée d’un badiv.

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