arménien

Un signe diacritique pour l’arménien

Un signe diacritique est un signe graphique comme par exemple le point, l’accent, la cédille. Il est ajouté à un graphème simple de l’alphabet, il permet alors de transcrire un phonème différent. Ainsi on évite la confusion entre homographes.

On trouve des signes diacritiques dans de nombreux alphabets en français, en russe, en arabe, etc. En arménien, un signe diacritique marque l’emphase, c’est le շեշտ (shesht, ce mot signifie tout simplement ‘accent’). Il se présente comme un accent aigu placé sur la voyelle porteuse de l’emphase.

Voici un exemple sans signe diacritique ահաւասիկ et le même mot porteur d’un shesht ահա́ւասիկ.


Enseignement de l’arménien à l’INALCO

Enseigné depuis 1798, l’arménien est une des langues fondatrices de l’établissement.

Depuis les années 1990, le champ disciplinaire couvert s’est élargi, pour introduire, outre les disciplines traditionnelles (histoire, littérature, histoire de l’art), la didactique de l’arménien, la socio-anthropologie, la linguistique. Cela a notamment permis, depuis 1996, de compléter l’offre de diplômes d’établissement par l’habilitation de diplômes nationaux (licence et maîtrise d’arménien LLCE et LLCE mention FLE). Le cursus d’arménien de l’INALCO a une tradition d’enseignement de l’arménien occidental (langue de la diaspora) qui fait sa spécificité et sa position unique dans le monde. L’arménien oriental, langue de la République d’Arménie, a toujours été représenté dans le cursus comme enseignement complémentaire, à côté de l’arménien classique.

Compte tenu des nouveaux besoins issus de l’indépendance de l’Arménie, et qui draine un public nouveau, désireux d’accéder immédiatement à l’arménien oriental, il est proposé dans le cadre de la Licence LMD deux parcours en première et deuxième année de la licence d’arménien, permettant de privilégier l’une ou l’autre des variantes. En troisième année les enseignements sont communs aux deux variantes, et visent à permettre à l’étudiant d’acquérir une compétence passive équivalente dans les deux variantes, sachant qu’ils conservent une dominante pour leur compétence active.

Les Etudes arméniennes en France

  • A Paris, l’INALCO est le seul établissement supérieur où est enseigné l’arménien moderne. Avec ses trois enseignants titulaires et 7 chargés de cours, les champs disciplinaires couverts en font la première formation au monde hors d’Arménie pour l’éventail des disciplines couvertes.
  • L’École Pratique des Hautes Etudes offre un cursus d’arménien au niveau Master, centré sur l’arménien classique et la littérature et la culture médiévales. La Licence d’arménien de l’INALCO permet d’accéder à cette formation, car elle propose en approfondissement le choix d’une formation en arménien classique.
  • L’Institut Catholique de Paris offre une formation en arménien classique validée par un diplôme propre.
  • L’Université de Provence offre un diplôme d’établissement de niveau DEUG en arménien moderne et civilisation.

En Europe

  • L’université Ca Foscari de Venise a une formation en langue et littérature arméniennes modernes et anciennes. Elle organise des séjours intensifs d’été qui donnent lieu à délivrance d’ECTS validables dans le cursus de l’INALCO selon avis de l’équipe pédagogique.
  • L’université de Genève offre un parcours d’arménien dans le cadre de la Licence de Lettres. Les ECTS obtenus à Genève peuvent être validés dans le cursus de l’INALCO selon avis de l’équipe pédagogique.
  • Plusieurs universités européennes comme l’Université de Bologne, d’Oxford, Cambridge, Pise, Dresde, Bochum, etc., ont des chaires d’arménologie marquées par le profil de l’enseignant titulaire (respectivement histoire byzantine, études indo-européennes et linguistique, poésie médiévale, linguistique, philologie, histoire antique). Elles délivrent toutes des ECTS validables à l’INALCO selon avis de l’équipe pédagogique.

Cette présentation est empruntée à la plaquette « Arménien, licences, diplômes d’établissement » de l’INALCO.


Cours « Outils et méthodologie en études arméniennes » à l’INALCO

Dans le cursus national LMD en études arméniennes organisé par l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, Département Eurasie, le cours « Outils et méthodologie en études arméniennes » présente des ressources concernant l’Arménie, les Arméniens et la langue arménienne (bibliothèques, outils informatiques, polices de caractères, sites internet, etc.). Ce cours est assuré en salle multimedia.

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Web 2 et culture, l’exemple du Musée virtuel arménien de France

C’est après la guerre, le 14 mai 1949, que Nourhan Fringhian crée le Musée arménien de France. Avec l’aide de quelques amis arméniens érudits et collectionneurs comme lui, ils réunissent leurs collections et constituent un fonds remarquable et unique en France consacré à la culture et aux traditions arméniennes : des céramiques, des objets ecclésiastiques, des amulettes, des bibles traduites et d’autres ouvrages liturgiques, des tableaux etc.

Puisque le musée physique est fermé depuis de nombreuses années, malgré une réouverture de deux mois au cours de l’année de l’Arménie, et qu’il ne pourra jamais être accessible partout dans le monde, il faut saluer la naissance du site du musée arménien de France (MAF). L’histoire de ce musée se poursuit donc sous l’impulsion de Frédéric Fringhian, fils du créateur, et de toute une équipe motivée.

Ce musée virtuel est une belle réalisation au niveau de son contenu iconographique, photographique et documentaire. C’est aussi une belle réussite technique : un site RIA en flex.

Pour toutes ces bonnes raisons, je vous invite à visiter ce beau musée virtuel et à lui apporter votre soutien.


Unicode, pour écrire ou lire l’arménien

A la demande de l’Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (ACAM), j’ai partagé mercredi 3 juin au cours d’une conférence ma conviction qu’il n’est plus possible de communiquer en arménien, notamment sur Internet, par mail, dans les blogs, les sites etc. sans adopter définitivement l’unicode. J’ai déjà écrit plusieurs billets sur ce thème.

Ce mercredi 3 juin 2009, à 20h30 précises, sur la péniche Anako ancrée dans le bassin de la Villette, en face du 61 quai de La Seine (Paris 18e), nous nous sommes retrouvés nombreux. Les intervenants étaient Philippe Pilibossian, Gabriel Kepeklian et Haroutioun Khatchadourian.


Un peu d’épigraphie arménienne, page 6

Pour cette sixième page, passons maintenant à la troisième lettre : la lettre kim de l’alphabet mesropien, Գ.

a) Moi, Grégoire

Cette lettre apparait deux fois dans le nom de l’Illuminateur de l’Arménie. Nous la trouvons à l’initiale et au milieu du nom de Krikor (ou Grigor). Voici une première inscription où on peut lire ԵՍԳՐԻԳՈՐ, c’est à dire Ես Գրիգոր qui signifie « Moi, Grégoire »

b) Dadivank : Krikor

Dans cette autre inscription, on lit simplement le prénom Krikor, ԳՐԻԳՈՐ.

c) Noravank

J’ai déjà parlé de cette inscription qui figure aux pieds de l’ange Gabriel sur le tympan de l’église de Noravank. On distingue parfaitement le kim à l’initiale : Գ(Ա)ԲՐԻԷԼ.

Je n’ai pas trouvé, pour l’instant, d’exemple d’un kim pris dans une ligature avec ou sans badiv. En avez-vous déjà rencontré ?


Un peu d’épigraphie arménienne, page 5

Après avoir considéré la lettre pen Բ seule, je vous propose des compositions. Commençons avec S(OUR)P Ս(ՈՒՐ)Բ, ce qui signifie saint. Seules lettres initiale et finale sont gravées.

a) Etchmiadzin b) Geghard c) Geghard, 1855 d) Sainte Hripsimé e) Kecharis, Tsaghkadzor

On remarque que le badiv est présent en b, c, d et e où il couvre les deux lettres. Les quatre badivs ont des formes différentes. Les trois premiers sont tildés, b simplement avec des courbes, c avec une inflexion centrale très appuyée et d avec un point central qui a la forme d’une tête de clou. Le quatrième et dernier badiv est droit. En b, c et d les deux lettres sont, par économie ou par coquetterie, réunies pour former un système graphique complexe.

f) Etchmiadzin g) Etchmiadzin

Dans la même inscription, on trouve ici le nom au nominatif et au génitif. C’est l’occasion d’y observer la variation introduite par le graveur. Il semble qu’il ne veuille avoir que deux lettres sous le badiv, à cette fin, en f, il a bien dissocié l’initiale et la finale du mot. En g, elles sont réunies et permettent l’ajout du Յ qui marque le

h) Noravank

Cette dernière inscription figure aux pieds de l’ange Gabriel, à la droite de la Mère de Dieu assise et portant l’enfant Jésus, sur le tympan de l’église de Noravank. On y lit dont tout simplement le nom de l’ange Գ(Ա)ԲՐԻԷԼ. C’est un bel exemple d’ornementation complexe. Le graveur a réussi à inscrire 6 lettres sous le badiv, lequel n’est pas fait d’un simple trait mais d’un bel entrelacs.


Un peu d’épigraphie arménienne, page 4

Après les trois premières pages (1, 2 et 3) d’épigraphies arméniennes consacrées au aïp Ա, la première lettre de l’alphabet, je vous propose naturellement la deuxième lettre : pen Բ.

Commençons simplement par la lettre seule.

a) Ani b) Dadivank c) 1543 Khachkar, Etchmiadzin d) Geghard e) Etchmiadzin

a) Sur le mur d’une l’église à Ani, vers le Xe siècle

b) Sur le mur de l’église de Dadivank (XIIIe siècle), dans le Haut-Karabach

c) Sur un khachkar daté de 1543, conservé dans les jardins d’Etchmiadzin

d) Sur le mur de l’église de Geghard, une inscription relativement récente

e) Sous le campanile, à l’entrée de l’Eglise Mère d’Etchmiadzin, une inscription relativement récente

Peu à peu le caractère se dessine plus nettement comme nous le connaissons aujourd’hui. Si vous suivez les variations de la barre médiane de la lettre, vous reconnaissez progressivement la majuscule dans sa forme actuelle.


La formule pascale arménienne

Puisque nous sommes encore dans la semaine de Pâques, prenons la formule pascale en grabar pour la traduire précisément.

Քրիստոս յարեաւ ի մեռելոց
Օրհնեալ է Յարութիւնն Քրիստոսի

Détaillons la première ligne
Քրիստոս se lit Kristos et s’analyse ainsi : Christ, nominatif ou accusatif singulier, ici au nominatif car c’est le sujet
յարեաւ se lit hariav se s’analyse comme ceci : il s’agit du verbe harnem qui signifie se lever, se réveiller, ressusciter ; il est à la 3e pers. sg. de l’aoriste, ce temps est équivalent au passé simple ou au passé composé
ի se prononce i, c’est une préposition que l’on peut traduire de plusieurs façons, habituellement par en, dans ou de. Cette préposition commande le locatif, l’accusatif ou l’ablatif. La déclinaison s’applique au mot qui suit.
մեռելոց se lit mérélots, il s’agit du mot mérial qui se traduit par mort, il est soit un adjectif soit un subst., sa déclinaison indique le génitif, le datif ou l’ablatif pluriel, mais ici le sens est celui de l’ablatif et d’ailleurs la préposition qui précède ne laisse d’autre choix.

Et maintenant la seconde ligne
Օրհնեալ se prononce orhnial, c’est le participe du verbe orhnem, bénir
է se lit tout simplement è, c’est la 3e pers. Sg. du présent de l’indicatif actif du verbe être
Յարութիւնն se lit haroutioun’n, c’est le substantif suffixé de l’article défini (‘n), la résurrection
Քրիստոսի se lit Kristossi, c’est le génitif de Christ

Nous avons donc la traduction suivante :

Christ est ressuscité d’entre les morts
Bénie est la résurrection du Christ


Où apprendre des danses arméniennes ?

Après avoir publié l’article « Où chanter de la musique arménienne ?« , je dois complété avec « Où danser des danses arméniennes ? ». Des troupes de danseur sont présentes dans les grandes villes, et comme je ne suis pas au courant de tout, je compte sur vous pour me donner des informations complémentaires. Par avance, chnorhagaloutioun !

  1. L’ensemble Ani, à Paris
  2. L’école de danse Navasart, à Issy-les-Moulineaux
  3. La compagnie Yeraz, à Alfortville
  4. La troupe de danse Arakadz, à Valence
  5. La troupe de danse Araxe, à Marseille

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