épigraphie

Une inscription grecque de Garni, en Arménie

Les inscriptions grecques sont très rares en Arménie. En voici une de bonne dimension.


Un peu d’épigraphie arménienne, page 6

Pour cette sixième page, passons maintenant à la troisième lettre : la lettre kim de l’alphabet mesropien, Գ.

a) Moi, Grégoire

Cette lettre apparait deux fois dans le nom de l’Illuminateur de l’Arménie. Nous la trouvons à l’initiale et au milieu du nom de Krikor (ou Grigor). Voici une première inscription où on peut lire ԵՍԳՐԻԳՈՐ, c’est à dire Ես Գրիգոր qui signifie « Moi, Grégoire »

b) Dadivank : Krikor

Dans cette autre inscription, on lit simplement le prénom Krikor, ԳՐԻԳՈՐ.

c) Noravank

J’ai déjà parlé de cette inscription qui figure aux pieds de l’ange Gabriel sur le tympan de l’église de Noravank. On distingue parfaitement le kim à l’initiale : Գ(Ա)ԲՐԻԷԼ.

Je n’ai pas trouvé, pour l’instant, d’exemple d’un kim pris dans une ligature avec ou sans badiv. En avez-vous déjà rencontré ?


Un peu d’épigraphie arménienne, page 5

Après avoir considéré la lettre pen Բ seule, je vous propose des compositions. Commençons avec S(OUR)P Ս(ՈՒՐ)Բ, ce qui signifie saint. Seules lettres initiale et finale sont gravées.

a) Etchmiadzin b) Geghard c) Geghard, 1855 d) Sainte Hripsimé e) Kecharis, Tsaghkadzor

On remarque que le badiv est présent en b, c, d et e où il couvre les deux lettres. Les quatre badivs ont des formes différentes. Les trois premiers sont tildés, b simplement avec des courbes, c avec une inflexion centrale très appuyée et d avec un point central qui a la forme d’une tête de clou. Le quatrième et dernier badiv est droit. En b, c et d les deux lettres sont, par économie ou par coquetterie, réunies pour former un système graphique complexe.

f) Etchmiadzin g) Etchmiadzin

Dans la même inscription, on trouve ici le nom au nominatif et au génitif. C’est l’occasion d’y observer la variation introduite par le graveur. Il semble qu’il ne veuille avoir que deux lettres sous le badiv, à cette fin, en f, il a bien dissocié l’initiale et la finale du mot. En g, elles sont réunies et permettent l’ajout du Յ qui marque le

h) Noravank

Cette dernière inscription figure aux pieds de l’ange Gabriel, à la droite de la Mère de Dieu assise et portant l’enfant Jésus, sur le tympan de l’église de Noravank. On y lit dont tout simplement le nom de l’ange Գ(Ա)ԲՐԻԷԼ. C’est un bel exemple d’ornementation complexe. Le graveur a réussi à inscrire 6 lettres sous le badiv, lequel n’est pas fait d’un simple trait mais d’un bel entrelacs.


Un peu d’épigraphie arménienne, page 4

Après les trois premières pages (1, 2 et 3) d’épigraphies arméniennes consacrées au aïp Ա, la première lettre de l’alphabet, je vous propose naturellement la deuxième lettre : pen Բ.

Commençons simplement par la lettre seule.

a) Ani b) Dadivank c) 1543 Khachkar, Etchmiadzin d) Geghard e) Etchmiadzin

a) Sur le mur d’une l’église à Ani, vers le Xe siècle

b) Sur le mur de l’église de Dadivank (XIIIe siècle), dans le Haut-Karabach

c) Sur un khachkar daté de 1543, conservé dans les jardins d’Etchmiadzin

d) Sur le mur de l’église de Geghard, une inscription relativement récente

e) Sous le campanile, à l’entrée de l’Eglise Mère d’Etchmiadzin, une inscription relativement récente

Peu à peu le caractère se dessine plus nettement comme nous le connaissons aujourd’hui. Si vous suivez les variations de la barre médiane de la lettre, vous reconnaissez progressivement la majuscule dans sa forme actuelle.


Un peu d’épigraphie arménienne, page 3

Voyons aujourd’hui comment sont notées les dates. Celles-ci se présentent sous différentes formes.

a) Noravank

Les deux premières lettres ԹՎ, surmontées d’un badiv, sont le mot թուական qui signifie « date ». Les trois lettres ՉՁԸ qui suivent sont la date. Չ vaut 700, Ձ vaut 80 et Ը vaut 8. Ce qui nous donne 788 selon le calendrier arménien, soit 788 + 561 = 1349 dans le calendrier occidental.

b) Garni

On reconnait bien les deux lettres ԹՎ, surmontées d’un badiv. Elles sont précédées de la date. Celle-ci est ։ՅԽԶ։ avec de part et d’autre des lettres le signe « : ». Յ vaut 300, Խ vaut 40 et Զ vaut 6. La date est donc le nombre 346 auquel il faut ajouter 551 pour obtenir 897 dans notre calendrier. Il y a deux différences avec le premier exemple a). Premièrement, le mot « date » est ici placé après le nombre ; deuxièmement, le nombre est placé entre « : ».


Un peu d’épigraphie arménienne, page 2

Voici une suite logique à ma première page publiée la semaine dernière. Je vous propose de poursuivre avec le mot Dieu que nous déclinons ici aux génitif, datif et ablatif singulier : Ա(ստուածո)յ notons qu’ici la finale « յ » est en majuscule « Յ », ce qui est normal puisque les lettres gravées sont pratiquement toujours des onciales (majuscules).

a) Geghard b) sainte Hripsimé à Etchmiadzin c) sainte Hripsimé à Etchmiadzin d) sainte Astvatsatsin à Noravank

a) Mur de l’église de Geghard

b) et c) Mur de l’église sainte Hripsimé à Etchmiadzin

d) Tympan de l’église sainte Astvatsatsin à Noravank

Le badiv est très lisible au-dessus des deux lettres aip et hi. Sa forme, assez rudimentaire en a), s’arrondit en b) et c). En d), le badiv est particulièrement ornementé.


Un peu d’épigraphie arménienne, page 1

Les églises arméniennes sont des livres ouverts pour les épigraphes. Leurs murs sont couverts de cette belle écriture dont la légende dit que c’est Dieu qui l’inspira à Mesrop à l’orée du Ve siècle. Alors commençons justement avec le nom de Dieu. Il est rarement écrit en entier et c’est généralement sous sa forme abrégée qu’on le trouve. Voici quelques exemples :

a) Dadivank b) Saints-Archanges c) Vank

a) Eglise de Dadivank (XIIIe siècle), dans le Haut-Karabach

b) Eglise des Saints-Archanges (XIIIe siècle), dans le quartier arménien de Jérusalem.

c) Cathédrale de Vank (XVII-XVIIIe siècle), dans le quartier de la Nouvelle-Djoulfa, à proximité d’Ispahan, en Iran.

En arménien, au nominatif et à l’accusatif singulier, Dieu s’écrit Աստուած. Gravé, on ne conserve que l’initiale en majuscule surmonté d’un badiv (a,b,c) et la finale ծ en minuscule est soit intégrée dans l’initiale Ա (a), séparée (b) ou absente (c).

A suivre …

NB : L’épigraphie est l’étude des inscriptions anciennes conservées sur des matières durables. Généralement, il s’agit de textes gravés dans la pierre, mais ça peut être aussi dans le métal ou l’argile.


Garni, inscription d’une pierre tombale

Cette inscription figure en tête d’une pierre tombale posée à même le sol (coordonnées pour Google Maps : 40.112838, 44.729515), à quelques dizaines de mètres du temple de Garni (Գառնի en arménien). Ce site est situé à l’est d’Erevan, la capitale de l’Arménie. Ce temple païen est l’un des tout derniers vestiges grecs de l’époque pré-chrétienne.

Cette belle inscription, gravée de remarquables onciales, se lit comme ceci :

։ՅԽԶ։ԹՎ։ Ի ՔՍ
ՓՈԽՑ ՏՐ ՄԱՇԴ

Il faut noter la présence de badiv sur presque tous les groupes de lettres. Le badiv est cette notation spécifique de l’arménien classique qui ressemble à un trait horizontal et signifie que le mot a été abrévié. Le mot arménien badiv se traduit par honneur. Pour figurer les badiv, je place des parenthèses sur les mots surmontés de cette notation.

։ՅԽԶ։(ԹՎ)։ Ի (ՔՍ)
(ՓՈԽՑ) (ՏՐ) (ՄԱՇԴ)

Si nous complétons, en ajoutant des minuscules italisées et en gras, nous avons :

։ՅԽԶ։ԹՎ։ Ի ՔրիստոՍ
ՓՈԽեՑաւ ՏէՐ ՄԱՇԴոց

Ce qui s’analyse ainsi :

  • ։ՅԽԶ։ [de part et d'autre des lettres on trouve ":", il s'agit donc d'un nombre, en l'occurrence 346. Il s'agit d'une date selon l'ancien calendrier. Il faut donc ajouter 551 pour obtenir 897 dans notre calendrier]
  • ԹՎ։ [forme de թուական = (à la) date]
  • Ի [prép. dans +Acc]
  • ՔրիստոՍ [Christ]
  • ՓՈԽեՑաւ [verbe փոխեմ = trépasser, décéder, aoriste médio-passif 3e pers.sg.]
  • ՏէՐ [seigneur]
  • ՄԱՇԴոց [Machtots]

La traduction de cette épitaphe d’une extrême sobriété est :

En l’an 346, le Seigneur Machtots est décédé dans le Christ.

Le Catholicos Machtots Ier (833 – 898) était originaire du village de Elivart, dans la province du Kotayk. Ce même village, trois siècles auparavant, avait donné naissance à un autre catholicos : Movses II (574-604). Son pontificat ne dura que 7 mois (de 897 à 898). Il était le 49e catholicos.

Pour en savoir plus sur le Catholicos Machtots :

NBHL = Nor baúgirì haykazean lezui, 1837, Nouveau dictionnaire de la langue arménienne

Merci à Agnès Ouzounian pour ses conseils qui m’ont aidé dans la rédaction de cette page.


Web 2.0 et épigraphie arménienne, suite

Après avoir réuni un groupe de photographes qui publient leurs photographies sur Flickr et sont intéressés pour partager leurs photos sur le thème de l’épigraphie arménienne, je viens de découvrir un nouvel outil. Il s’agit d’un site très web 2.0 qui utilise une RIA (application internet riche) pour permettre de créer des albums photos ou des livres illustrés. Cet outil, c’est Mixbook.

Je me suis tout de suite créer un compte pour concevoir un album pour y placer mes photos. Mixbook est bien conçu et a nouer des partenariats multiples. Ainsi, j’ai pu par exemple importer les photos que j’avais téléchargé dans Flickr. Il m’a suffit pour cela d’autoriser Mixbook et se connecter à mon compte Flickr.

La solution permet de commencer avec la fabrication d’un pur album photo. Mais il est aussi possible de faire beaucoup sophistiqué et de créer des livres numériques car on peut ajouter du texte. Seule ombre pour le moment, nos caractères accentués du français ne passe pas.


Web 2.0 et épigraphie arménienne

Les réseaux sociaux sont l’une des grandes réussites du web 2.0. Le site de partage de photographies Flickr est l’un de ces réseaux qui est particulièrement réussi. Comme je suis à la recherche de bonnes photographies de témoignages épigraphiques de langue arménienne, je ne pouvais pas me contenter de mes seules photos. J’ai donc créer un groupe Flickr consacré à l’épigraphie arménienne.

En à peine 5 semaines, ce sont déjà plus de 100 photographies qui ont été publiées dans ce groupe. Quant aux membres du groupe, ils sont plus de 10. Si vous avez d’autres clichés, je vous invite à prendre part à cette expérience de partage. Vous pouvez aussi commenter certaines photos.

Ainsi, le web 2.0 contribue à la constitution d’un fonds documentaire épigraphique … où chacun peut prendre sa part.


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