linguistique

Les Etudes Arméniennes, dans le monde

Les Etudes Arméniennes sont présentes dans plusieurs pays. Abordons la France, le Portugal et l’Amérique du Nord.

France, la Société des Etudes Arméniennes

En France, la Société des Etudes Arméniennes (SEA), fut fondée le 9 janvier 1920 par Victor Bérard, Charles Diehl, André-Ferdinand Hérold, H. Lacroix, Frédéric Macler, Antoine Meillet, Gabriel Millet, Gustave Schlumberger.

Frédéric Macler et Antoine Meillet créent la même année 1920 la Revue des Etudes Arméniennes (REA). Frédéric Macler en est l’administrateur-archiviste, Antoine Meillet le secrétaire général et H. Lacroix le trésorier. Il s’agit d’une revue universitaire de linguistique dédiée à l’étude de l’histoire, de l’histoire de l’art, la philologie, la linguistique et la littérature. Cette première revue s’arrête en 1933 pour ne reprendre qu’en 1964. Le comité de rédaction comprend alors Emile Benvéniste, Cl. Cahen, Marius Canard, Sirapie Der-Nersessian, Georges Dumézil, A. Dupont-Sommer, Frédéric Feydit, A. Grabar, P. Lemelre, Ch. Mercier, A. Mirabel et L. Robert. A partir de 1964, les directeurs de la revue ont été successivement Emile Benveniste (1964-1975), Georges Dumézil (1975-1980) et Sirarpie Der-Nersessian (1981-1989).

En 1992, Claire Mouradian (CNRS) et Anaïd Donabédian (INALCO) créent une association pour réunir à nouveau des chercheurs dans le domaine des études arméniennes. L’association a repris la publication de la Revue des Etudes Arméniennes à partir de 1994 sous la direction de Nina Garsoïan.

Le Portugal, La Fondation Calouste Gulbenkian

La Fondation Calouste Gulbenkian a été créée par dispositions testamentaires de Calouste Gulbenkian, le 18 juillet 1956. C’est une institution portugaise de droit privé et d’utilité publique, dont les objectifs statutaires sont l’Art, la Bienfaisance, la Science et l’Education. Elle intervient au niveau international dans de très nombreuses actions d’envergure.

La Fondation a son siège à Lisbonne où se trouve également le Service des Communautés Arméniennes, l’un de ses premiers services à être créé. Parmi les autres services, en 1969, le Musée est inaugurée. On trouve aussi un Grand Auditorium, des salles d’expositions temporaires, une zone de congrès avec plusieurs salles et auditoriums.

L’Amérique du Nord, the National Association for Armenian Studies and Research

L’Association nationale d’études arméniennes et de la Recherche (NAASR) a été créé en 1955 par un groupe de soixante personnes désirant faire avancer les études arméniennes aux Etats-Unis. Grâce aux efforts de collecte de fonds de la NAASR, les deux premières chaires d’Études Arméniennes ont ouvertes aux États-Unis à Harvard en 1959 et à l’Université de Los Angeles en 1965. NAASR a également soutenu des programmes d’études arméniennes d’un certain nombre d’autres universités américaines, parmi lesquelles Columbia University, University of Massachusetts à Boston et à Amherst, Wayne State University, Tufts University, California State University à Fresno, University of Connecticut, University of California, Berkeley, et Bentley University.


Des bibliothèques de textes grecs anciens

J’ai souvent cherché tel ou tel texte sans jamais systématiser ma recherche. Aujourd’hui, c’est un peu par hasard que j’ai “posé le clic” sur la Βικιθήκη que la version grecque de wikipedia met en ligne.

Si je cherche Platon, Πλάτων, les oeuvres, Έργα, disponibles sont :

  • Ἀλκιβιάδης α
  • Ἀπολογία Σωκράτους
  • Εὐθύφρων
  • Θεαίτητος
  • Ίων
  • Κριτίας
  • Κρίτων
  • Λάχης
  • Πολιτεία
  • Σοφιστής
  • Συμπόσιον
  • Τίμαιος
  • Φαίδων
  • Χαρμίδης
  • C’est un bon début, non ?

    Et comme c’est dans un wiki, chacun peut apporter quelque chose. Parmi tous les auteurs, certains ne sont pas tout à fait grecs. Par exemple, on trouve John Kennedy ! Les textes sont accentués et dans un bel unicode, ça ne gâche rien, super.

    Je ne me suis pas arrêté là, et j’ai poursuivi la fouille. In fine, voici quelques résultats avec des sites spécialisés :

    Bibliotheca Augustina

    Titus

    Philippe Remacle

    Bibliotheca Classica Selecta

    Myriobiblios

    UCL, département d’études grecques, latines et orientales

    Bilbiotheca classica selecta


    L’élamite et le hatti

    Comme tous les ans, l’Ecole des Langues et Civilisations de l’Orient Ancien (ELCOA) propose une journée d’études consacrée aux langues rares. C’est un moment tout aussi rare que les langues rencontrées à cette occasion. Le cru de cette année porte sur deux langues agglutinantes mal connues du moyen orient. L’élamite, comme son nom l’indique, était parlé en Elam, contrée située au sud-ouest de l’actuel Iran. Le hatti était parlé en Anatolie avant l’arrivée des Hittites.

    Où en sont les recherches aujourd’hui ? Rendez-vous à l’ICP le 19 novembre 2010 pour le savoir.


    Albaniens du Caucase, compléments

    Je viens apporter quelques précisions sur un article précédent, intitulé Au Matenadaran, l’alphabet des albans (ou albaniens) du Caucase.

    Bernard Outtier, lors de sa conférence « Georges Dumézil, les langues du Caucase, et l’arménien« , expliquait que la langue oudine est une langue « résiduelle » du nord-est du Caucase qui compte aujourd’hui encore quelques 6.000 locuteurs. Les Oudines sont les descendants des Albaniens du Causase. Le manuscrit où on peut voir le fameux alphabet (en photo dans mon article), avait été découvert en 1937 par le savant géorgien I. Abouladzé qui visitait le Madenataran à Erevan. Et c’est en 1941 que Georges Dumézil a fait connaître au monde occidental l’existence de cette langue dans un article publié dans le Journal Asiatique « Une chrétienté disparue, les albaniens du Caucase ».

    En 1996, Zaza Aleksidzé a découvert des palimpsestes albaniens à Sainte Catherine au Sinaï. Ces nouvelles pages sont les premiers textes a notre disposition pour lire cette langue. Voir l’article paru en 1997 par Jean-Pierre Mahé et Zaza Aleksidzé.

    Le terme albanien a été donné par Georges Dumézil dans son article. Il traduisait le grec Ἀλβανοί. Jean-Pierre Mahé utilise aussi Arwangs, il date la création de l’alphabet albanien en 422. Voir l’article d’Anahid Samikyan.


    Conférence de Bernard Outtier sur Georges Dumézil

    Le 14 janvier 2010, Bernard Outtier a donné une conférence organisée par la Société des Etudes Arméniennes et intitulée « Georges Dumézil, les langues du Caucase, et l’arménien ». Bernard Outtier a bien connu Dumézil et il nous en a donné un portrait de première main.

    Georges Dumézil a inventorié le monde indo-européen. Un de ses apports majeurs est d’avoir trouvé les trois fonctions qui sous-tendent l’idéologie indo-européenne primitive (prêtre, guerrier et producteur). Il est le créateur d’une nouvelle science : la mythologie comparée. Mais le savant a autant travaillé et publié dans les domaines de la linguistique et en particulier de la linguistique caucasienne et caucasique. Il a appris des dizaines de langues et les anecdotes sont nombreuses.

    Bernard Outtier est directeur de recherche au CNRS. Il enseigne le géorgien à l’Institut Catholique de Paris et a enseigné la littérature arménienne à Genève.


    Pour apprendre le hittite

    La langue hittite est la principale langue anatolienne parlée par le peuple hittite. Cette civilisation a disparu longtemps avant Jésus-Christ.

    Pour apprendre le hittite, le mieux c’est donc de trouver un prof et d’avoir le temps de suivre ses cours … Mais quand ce n’est pas possible, que peut-on faire ? Il existe quelques très bons sites et surtout une grammaire disponible en français. Voici les liens que vous aurez plaisir de délier pour vous lancer.

    Le site d’Olivier Lauffenburger est une vraie mine d’or, vous allez y trouver :

    • une grammaire hittite
    • des textes hittites avec leurs transcriptions et traductions
    • un lexique hittite
    • un petit lexique sumérien et un petit lexique akkadien à utiiser avec les textes
    • un résumé des paradigmes hittites concentrés sur une page

    Les pages du site de l’université de Huston Hittite online que l’on doit à Winfred P. Lehmann et Jonathan Slocum.

    La page Hittite du site Ancientscripts, créé en 1996, dont l’objectif n’est pas de remplacer les sites pédagogiques mais qui a été conçu pour donner une introduction aux anciens systèmes d’écriture.


    Hilfe, help, aidez-moi à traduire une phrase allemande …

    La langue allemande a le secret des phrases rétives aux traductions simplistes. Le mot à mot n’a aucun sens, les syntaxes de part et d’autre du Rhin reflètent l’intelligence de langues différentes …

    Alors Google et son traducteur automatique ne vous serviront qu’à produire un salmigondis propre à vous couvrir de ridicule !

    Toutefois, il existe des ressources internet qui méritent d’être connues et qui seront les fidèles alliées de vos thèmes et versions germanistes. Une de leurs spécialités est qu’elles offrent la traduction d’expressions et de locutions et pas seulement de mots.

    • Leo, excellent (créé en 2006)
    • Linguee.de, c’est tout nouveau et c’est très bien fait (auto complétion)
    • Phrasen.com, le spécialiste de la phrase

    Comme rien n’est parfait, les deux derniers ne connaissent pas le français. Vous devrez passer par une langue tierce, en l’occurrence traverser le chanel.

    Un atout supplémentaire de Leo est son forum particulièrement actif où toute question trouve sa réponse dans les heures qui suivent !

    Avez-vous d’autres bonnes adresses pour germanistes en peine ?


    DLM : Dictionnaire multilingue du Lexique Métalinguistique

    Voici un site qui vient compléter les informations que je donnais dans deux articles (1, 2) sur des très bons dictionnaires disponibles en ligne.

    Il s’agit d’un projet italien : DLM. Ce Dictionnaire multilingue du Lexique Métalinguistique est le résultat du travail scientifique effectué par de nombreux chercheurs dans les trois importants projets de recherche conduits en Italie.

    1. Thesaurus e dizionario critico del metalinguaggio della linguistica dall’Antichità all’epoca contemporanea – 1995
    2. Per un dizionario generale plurilingue del lessico metalinguistico – 1999
    3. Lessici specialistici e metalinguaggi: applicazioni in rete – 2003

    Le site n’est pas encore complètement terminé. Notamment, pour ceux que l’italien rebute, une traduction anglaise est en cours (Traduzione in corso!!!).

    NB : Je viens de trouver la page que le wiki Agreg-ink consacre à son Glossaire terminologique de Grammaire Linguistique (il s’agit d’un site destiné aux professeurs d’anglais et aux futurs professeurs d’anglais).


    Au Matenadaran, l’alphabet des albans (ou albaniens) du Caucase

    La visite du Matenadaran, la grande bibliothèque de Erevan où sont conservés tous les plus beaux manuscrits, réserve quantité de surprises. Parmi celles-ci, l’an passé, j’ai pu voir un recueil grammatical du XVe copié au monastère de Metzop, dont l’original date du 10e ou 11e siècle. Ce manuscrit de petites dimensions contient plusieurs alphabets : grec, syriaque, latin, géorgien, copte, arabe … et celui des albans (ou albaniens) du Caucase.

    Si on connaît l’Arménie, il n’en est pas de même pour l’Albanie du Caucase. Strabon, auteur grec mort entre 21 et 25 après Jésus-Christ, a écrit une histoire (perdue aujourd’hui) et une géographie (dont la presque totalité nous est parvenue). On peut y lire qu’ : « En Arménie même, il y a nombre de monts et de plateaux… nombre de vallées… comme la vallée de l’Araxe, dans laquelle l’Araxe coule jusqu’à la frontière de l’Albanie et la Koura ». Ptolomée, auteur grec qui vécut près d’un siècle après Strabon, écrit dans sa célèbre géographie que « la Grande Arménie est limitée du nord par une partie de la Colchide, de l’Ibérie et de l’Albanie sur la ligne susmentionnée passant par le fleuve de Kir ».

    Chez les latins, Pline l’Ancien raconte que « cette tribu (des Albans) peuplant les monts du Caucase s’étend, comme il fut dit, jusqu’au fleuve de Kir qui forme frontière entre l’Arménie et L’Ibérie. » Pour Plutarque, autre auteur latin,  « Lorsque l’hiver surprit l’armée romaine sur cette terre (en Arménie) et que les Romains célébrèrent les saturnales, les Albans se réunirent au nombre d’au moins quarante mille, passèrent le fleuve de Kir et les attaquèrent », c’est-à-dire qu’ils passèrent sur la rive droite de la Koura. » L’historien romain d’expression grecque Dion Cassius écrit : « Oris, roi des Albans, vivant au-delà de la Kirna ».

    L’historiographe arménien P’awstos Biwzandac’i (souvent appelé Faust de Byzance) rapporte que : « (Mouchegh Mamikonian) désigna la Koura comme frontière entre son pays (l’Arménie) et l’Albanie, de même qu’avant ». Sanésan, roi du Maskout, « passa sa frontière, qui était un grand fleuve, et submergea le pays d’Arménie ».

    La langue de ce pays, que l’on appelle l’albanais du Caucase, est une langue caucasienne aujourd’hui morte. Selon Koriwn, historiographe arménien du 5e siècle, Maštoc’ aurait aussi créé un alphabet pour cette langue. Le voici :


    Quelques bons dictionnaires à mettre en favori

    Si vous êtes passionnés par les langues comme je le suis, vous avez certainement mis dans vos favoris quantités de dictionnaires et de traducteurs. Je ne vais pas vous en livrer des kyrielles, mais plutôt vous en signaler quelques-uns, de derrière les fagots.

    A/ Un site ukrainien http://www.slovnyk.org.ua/ qui propose 32 langues européennes.

    1. de-de Allemand – Allemagne
    2. en-gb Anglais – Royaume-uni
    3. en-us Anglais – USA
    4. be-by Biélorusse – Biélorussie
    5. bg-bg Bulgare – Bulgarie
    6. hr-hr Croate – Croatie
    7. da-dk Danois – Danemark
    8. es-es Espagnol – Espagne
    9. eo-xx Espéranto
    10. et-ee Estonien – Estonie
    11. fi-fi Finlandais – Finlande
    12. fr-fr Français – France
    13. el-gr Grec – Grèce
    14. nl-nl Hollandais – Hollande
    15. hu-hu Hongrois – Hongrie
    16. is-is Islandais – Islande
    17. it-it Italien – Italie
    18. la-va Latin – Vatican
    19. lv-lv Letton – Lettonie
    20. lt-lt Lituanien – Lituanie
    21. mk-mk Macédonien – Macédoine
    22. no-no Norvégien – Norvège
    23. pl-pl Polonais – Pologne
    24. pt-pt Portugais – Portugal
    25. ro-ro Roumain – Roumanie
    26. ru-ru Russe – Russie
    27. sr-rs Serbe – Serbie
    28. sk-sk Slovaque – Slovaquie
    29. sl-si Slovène – Slovénie
    30. sv-se Suèdois – Suède
    31. cs-cz Tchèque – Tchéquie
    32. uk-ua Ukrainien – Ukraine

    C’est un projet open source qui mérite d’être soutenu. En l’utilisant, vous pourrez l’améliorer en faisant parvenir à ses auteurs vos remarques.

    B/ Le site du petit lion, Léo le traducteur http://dict.leo.org/ qui propose 6 langues.

    1. Allemand
    2. Anglais
    3. Français
    4. Italien
    5. Espagnol
    6. Chinois

    C’est un site extraordinaire, je n’ai pas d’autres mots. Pour chaque langue, on a un dictionnaire traducteur qui donne quantité d’occurrences, d’exemples …, on a encore un forum et un entraineur. A essayer d’urgence et vous m’en direz des nouvelles.

    C/ Une collection de dictionnaires introuvables en ligne avec http://www.dicfro.org/

    La liste serait trop longue. Posez votre tartine de brioche au beurre et allez voir ce site. Génial. Juste pour vous donnez envie, vous allez trouver plusieurs dictionnaires pour chacune des langues suivantes :

    1. Français
    2. Allemand
    3. Anglais
    4. Italien
    5. Portugais
    6. Latin
    7. Espagnol

    Et par exemple, pour le français, vous avez les 6 versions du dicitonnaire de l’Académie, le Cotgrave de 1611, l’Estienne de 1552, le Nicot de 1606 … Dicfro fédère plusieurs sources et les met à disposition de façon unifiée.


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